« N'ayez jamais peur de la vie, n'ayez jamais peur de l'aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d'autres espaces, d'autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît. »
(Henry de Monfreid)

samedi 24 décembre 2011

Joyeux Noël de St-Martin !

Bienvenue à St-Martin/St-Marteen!

Nous avons dit au revoir aux Îles vierges Britanniques le lundi 19 décembre pour St-Martin. Comme nous sommes partis complètement du côté Ouest de Tortola, nous avons mis près de 18 heures pour faire la traversée. Bravo à André, mon meilleur, qui assuré la quasi-totalité de la nuit car j’étais prise avec une vilaine combinaison de sinusite-mal-de-gorge-mal-de-tête-ouache le bordel. Bref, dès notre arrivée à Marigot, la capitale de St-Martin, mardi matin à 8h, nous avons jeté l’ancre et puis dodo pour la matinée. En après-midi nous sommes allés prendre une marche à la découverte de la ville. C’est ainsi que nous avons trouvé un distributeur de vins et de produits fins français (foie gras, terrine de chapon aux truffes, fromages, etc.). Les prix sont ridiculement bas car St-Martin est le paradis du hors taxe.

Le côté français de St-Martin est très… français! On y retrouve un certain chic européen dans les boutiques et les restaurants, ainsi qu’auprès d’une partie de la clientèle. Ici, les femmes sont belles et fières. Mais comme partout la richesse touristique côtoie la pauvreté locale et si les riches boutiques du port (Versace, Porsche, Longine, etc.) attirent une certaine élite, juste quelques rues à côté les maisons sont délabrées et des locaux commerciaux sont vides. Nous avons rencontré un couple de vacanciers qui fréquente St-Martin depuis 5 ans et qui ont constaté l’impact de la crise économique.

Notre « séjour » dans la baie de Marigot fut de courte durée. On nous annonçait du temps très venteux et houleux venant du nord, nous nous sommes donc déplacés dans une baie avoisinante pour 24 heures, puis jeudi matin le 22, nous avons pris la direction du côté hollandais car le temps ne s’améliorait pas du tout.  Ce fut finalement une journée fatigante car non seulement il a fallu s’acquitter des formalités d’immigration – eh oui, il faut « quitter » la France en passant par l’immigration, puis « entrer » aux Pays-Bas de l’autre côté, en repassant par l’immigration – mais en plus nous avons eu des problèmes d’ancre. Le bateau a chassé pendant notre absence et s’est un bateau avoisinant qui s’est assuré de mettre une deuxième ancre pour nous retenir dans la baie. Ouf! Un bon samaritain que nous avons remercié avec une bouteille de champagne. Nous avons donc déplacé le bateau encore une fois. André a changé l’ancre pour en mettre une meilleure (une Fortress pour les érudits) et depuis aucun problème. Même si on berce toujours, le bateau tient solidement en place et on se sent en sécurité.

Nous en avons profité pour explorer le secteur de Simpson Bay où nous séjournons pour la prochaine semaine. Les bateaux sont d’un luxe incroyable (avec les marinas pour accommoder leurs propriétaires) et les bars, restaurants et boutiques de souvenir se succèdent au grand plaisir des touristes. Un des avantages de St-Martin est qu’on y mange à l’Européenne. À part au centre-ville de New York dans une petite boulangerie à côté du MOMA, je n’avais pas trouvé depuis notre départ de Montréal de si bons croissants et baguettes fraîches.
Aujourd’hui le 24 décembre, nous sommes vraiment dans l’ambiance de Noël. Hier matin, nous avons décoré l’intérieur du bateau, on écoute de la musique des Fêtes (André a trouvé et réparé le problème du système de son) et à chaque jour on regarde un DVD de Noël (hier c’était The Sound of Music, aujourd’hui ce sera The Polar Express et demain, le grand classique White Christmas). Ce soir nous irons dans un resto-bar touristique qui organise un 5 à 7 de Noël pour les vacanciers en bateau. Malgré tout, nous pensons à toute la famille et aux amis qui se réuniront ce soir et demain.

JOYEUX NOËL À TOUS!

jeudi 15 décembre 2011

Un peu de tout, un peu de rien

À défaut d’avoir quelque chose de nouveau à raconter sur notre périple, voici une petite chronique "faits divers".

Les pélicans
Ils sont omniprésents ! Mais ce qui fascine le plus est leur méthode de chasse, on dirait des oiseaux de proie. On les voit survoler à une centaine de pieds puis piquer du nez à une vitesse ahurissante vers l’eau pour attraper un poisson que le commun des mortels ne peut voir. Tout un spectacle. André prend plaisir à analyser leur comportement et se pose les questions existentielles d’usage, du genre « Quand ils plongent, ont-ils la bouche ouverte ou fermée ? »

Lecture
Moi qui aime la lecture, ce voyage est une opportunité parfaite pour consacrer de nombreuses heures à ce loisir que j’adore. Même André qui normalement s’endort après avoir à peine entamé un paragraphe (donc par conséquent peut prendre 3 mois pour lire un livre…) prend le temps de savourer quelques bons romans (il apprécie particulièrement Michael Connelly et John Grisham). Nous sommes partis avec une bibliothèque bien garnie dans le bateau mais en plus, j’aime bien cette charmante coutume que l’on retrouve dans les marinas « leave a book, take a book ». Ceci me permet de poursuivre ma découverte de nouveaux bouquins et d’alléger l’inventaire actuel. Voici quelques titres qui m’ont beaucoup plu :

The Ginger Tree : l’histoire d’une jeune femme qui, vers 1910, quitte l’Écosse pour Hong Kong avec son nouvel époux. Elle tiendra un journal de son séjour qui relate sa difficulté à s’adapter aux conformités de la micro-société anglaise qui y habite. Le scandale de son aventure extra-conjugale avec un noble japonais la mettra complètement à l’écart de ce groupe empesé du début du siècle.

The Help : Mon coup de cœur à date! On y suit l’histoire des servantes noires pour les familles blanches du Mississipi conservateur en 1960 et la complicité qu’elles développent avec une jeune blanche avant-gardiste qui veut écrire leur histoire. Génial! Celui là je ne le donne pas (de toute façon je l’ai acheté à Hampton) et je le rapporte pour ma mère.

Les Piliers de la Terre & Un Monde sans Fin : Je les avais lus cet été mais j’ai décidé de les reprendre. Bien écrit, passionnant et captivant pour ceux qui aiment les romans historiques. L’histoire de la religion en Europe du 14e siècle à son meilleur. Je ne verrai plus jamais une cathédrale de la même façon.

Eat, Pray, Love : C’est la parfaite lecture de vacances. Mais attention, oubliez le film (avec Julia Roberts) qui ne se compare en rien avec cet excellent livre sur la quête de cette femme de trente ans envers le plaisir de vivre, la spiritualité et l’équilibre. On suit son périple en Italie, en Inde puis en Indonésie. Celui là aussi je l’ai acheté et je le rapporte pour ma belle Andréanne.

Les « no-see-em »
Ces mini-minis mouches noires (tellement minuscules qu’on ne les voit pas, d’où leur nom) viennent de faire leur apparition il y a quelques jours et elles sont voraces. Je suis piquée partout! On dirait que j’ai la varicelle.

Le frigo
Ah… ce sujet qui me hante et dont je radote depuis quelques semaines. Eh bien, l’installation du nouveau système est en cours. Le bateau est dans un état épouvantable. La moitié de la cuisine est défaite, il y a des outils partout et André m’a sommé de sortir. Ouste! Je fais donc le  plein d’énergie au bord de la piscine car je sais que c’est le ménage qui m’attend d’un jour à l’autre. Je me répète mais j’ai hâte de faire une bonne épicerie !

vendredi 9 décembre 2011

À la découverte des BVI

Alors que nous avions planifié quitter les BVI pour St-Martin il y a de cela au moins une semaine, le problème de réfrigération nous a obligé à revenir à la marina de Nanny Cay. Diagnostic final : il faut tout changer. En attendant la livraison du nouveau système qui nous ramènera à la marina la semaine prochaine, nous sommes partis à la découverte de ce grand territoire que sont les Îles Vierges Britanniques. Notre première destination vendredi dernier : Virgin Gorda. Nous avons passé quelques jours dans le « North Sound » bien ancrés dans Levrick Bay. Nous y avons retrouvé Lynne et Paul de Beaudacious, partenaires du Carib 1500 et avons passé la soirée au Jumbie Bar. Le lendemain, j’ai fait du snorkeling pour la première fois (il y a une première fois à tout, même à 46 ans!), totalement génial !

Nous avons également visité le Bitter End Resort, un très beau complexe où nous avons dégusté le réputé Bushwacker (un excellent et généreux drink fait de rhum et Bailey’s). Une recommandation toutefois, il ne faut en prendre qu’un seul, le deuxième frappant fort (je peux en témoigner personnellement). Nous avons également visité, avec une permission toute spéciale mais avec défense de prendre des photos, le très sélect YCCS, un club privé pour les grands voiliers de luxe (je vous jure à côté de ces mastodontes, notre voilier à l’air d’une chaloupe). Je me suis toujours sentie privilégiée de pouvoir vivre une année sabbatique en voilier mais là je me sentais bien pauvre, comme quoi tout est relatif.

Notre trajet nos a ensuite mené à un très très court arrêt à Spanish Town pour faire la demande de prolongement de séjour au bureau d’Immigration (un aller-retour au bateau pour retrouver le formulaire manquant et 20 $ plus tard on est bon jusqu’au 20 décembre), le remplissage des bonbonnes de propane et la cueillette de glace quotidienne. Nous avons ensuite fait un saut du côté Nord-Est de Tortola qui ne nous a pas excités car nous n’apprécions pas beaucoup les baies achalandées où on retrouve environ 150 bateaux au mouillage.

Mercredi le 7, nous sommes finalement revenus du côté Sud à Road Harbour pour faire quelques courses, se sentir bien petits à côté des bateaux de croisières de Carnival et Norway Cruise Lines et aller explorer la charmante rue principale de Road Town. Mais rester dans un port achalandé n’est pas notre style et nous avons repris le large, idée de faire le tour de Tortola en bonne et due forme. Cette charmante balade (avec un peu de vent puis plus rien, donc on a fini le tout au moteur) nous a mené jusqu’à Cane’s Gardens Bay, du côté Ouest de l’île. LE PARADIS. Il y a bien quelques autres voiliers autour de nous mais rien à comparer avec la foule habituelle qu’on retrouve dans les grandes baies populaires. C’est avec plaisir que nous avons fait la saucette à la plage puis pris l’apéro au Myetts Bar & Grill, un endroit qui a du charme et du style.

Nous réalisons aussi que nous sommes déjà le 9 décembre et que tout le monde à la maison est dans les préparatifs des Fêtes. Malgré les décorations (!!!) qu’on retrouve ici, Noël est bien loin de notre réalité. Nous ne savons pas encore ce que nous ferons le 24 ou le 25 décembre, mais je sais que je vais trouver cela bien bizarre de fêter Noël sans neige ni la famille.
Nous avons peine à croire que nous sommes ici depuis presque trois semaines. Parfois, l’aventure du rallye nous semble comme un rêve. Avons-nous vraiment traversé l’océan ? Nous apprécions chaque jour que nous passons ici et sommes bien conscients de notre chance. La météo est bonne et l’averse quotidienne est bienvenue car elle lave le bateau de l’eau salée. On compose également bien avec la chaleur car la brise est constante et nous avons de bons ventilateurs dans le bateau.

Notre rythme de vie a aussi changé. Ici on appelle ça « Island Time ». On se lève tôt et la matinée est consacrée aux quelques rares tâches à accomplir (quand il y en a). On lit donc beaucoup et tout se fait lentement. Pourquoi ai-je l’impression que le retour à la réalité sera un défi ? Vaut mieux ne pas y penser…