« N'ayez jamais peur de la vie, n'ayez jamais peur de l'aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d'autres espaces, d'autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît. »
(Henry de Monfreid)

samedi 24 décembre 2011

Joyeux Noël de St-Martin !

Bienvenue à St-Martin/St-Marteen!

Nous avons dit au revoir aux Îles vierges Britanniques le lundi 19 décembre pour St-Martin. Comme nous sommes partis complètement du côté Ouest de Tortola, nous avons mis près de 18 heures pour faire la traversée. Bravo à André, mon meilleur, qui assuré la quasi-totalité de la nuit car j’étais prise avec une vilaine combinaison de sinusite-mal-de-gorge-mal-de-tête-ouache le bordel. Bref, dès notre arrivée à Marigot, la capitale de St-Martin, mardi matin à 8h, nous avons jeté l’ancre et puis dodo pour la matinée. En après-midi nous sommes allés prendre une marche à la découverte de la ville. C’est ainsi que nous avons trouvé un distributeur de vins et de produits fins français (foie gras, terrine de chapon aux truffes, fromages, etc.). Les prix sont ridiculement bas car St-Martin est le paradis du hors taxe.

Le côté français de St-Martin est très… français! On y retrouve un certain chic européen dans les boutiques et les restaurants, ainsi qu’auprès d’une partie de la clientèle. Ici, les femmes sont belles et fières. Mais comme partout la richesse touristique côtoie la pauvreté locale et si les riches boutiques du port (Versace, Porsche, Longine, etc.) attirent une certaine élite, juste quelques rues à côté les maisons sont délabrées et des locaux commerciaux sont vides. Nous avons rencontré un couple de vacanciers qui fréquente St-Martin depuis 5 ans et qui ont constaté l’impact de la crise économique.

Notre « séjour » dans la baie de Marigot fut de courte durée. On nous annonçait du temps très venteux et houleux venant du nord, nous nous sommes donc déplacés dans une baie avoisinante pour 24 heures, puis jeudi matin le 22, nous avons pris la direction du côté hollandais car le temps ne s’améliorait pas du tout.  Ce fut finalement une journée fatigante car non seulement il a fallu s’acquitter des formalités d’immigration – eh oui, il faut « quitter » la France en passant par l’immigration, puis « entrer » aux Pays-Bas de l’autre côté, en repassant par l’immigration – mais en plus nous avons eu des problèmes d’ancre. Le bateau a chassé pendant notre absence et s’est un bateau avoisinant qui s’est assuré de mettre une deuxième ancre pour nous retenir dans la baie. Ouf! Un bon samaritain que nous avons remercié avec une bouteille de champagne. Nous avons donc déplacé le bateau encore une fois. André a changé l’ancre pour en mettre une meilleure (une Fortress pour les érudits) et depuis aucun problème. Même si on berce toujours, le bateau tient solidement en place et on se sent en sécurité.

Nous en avons profité pour explorer le secteur de Simpson Bay où nous séjournons pour la prochaine semaine. Les bateaux sont d’un luxe incroyable (avec les marinas pour accommoder leurs propriétaires) et les bars, restaurants et boutiques de souvenir se succèdent au grand plaisir des touristes. Un des avantages de St-Martin est qu’on y mange à l’Européenne. À part au centre-ville de New York dans une petite boulangerie à côté du MOMA, je n’avais pas trouvé depuis notre départ de Montréal de si bons croissants et baguettes fraîches.
Aujourd’hui le 24 décembre, nous sommes vraiment dans l’ambiance de Noël. Hier matin, nous avons décoré l’intérieur du bateau, on écoute de la musique des Fêtes (André a trouvé et réparé le problème du système de son) et à chaque jour on regarde un DVD de Noël (hier c’était The Sound of Music, aujourd’hui ce sera The Polar Express et demain, le grand classique White Christmas). Ce soir nous irons dans un resto-bar touristique qui organise un 5 à 7 de Noël pour les vacanciers en bateau. Malgré tout, nous pensons à toute la famille et aux amis qui se réuniront ce soir et demain.

JOYEUX NOËL À TOUS!

jeudi 15 décembre 2011

Un peu de tout, un peu de rien

À défaut d’avoir quelque chose de nouveau à raconter sur notre périple, voici une petite chronique "faits divers".

Les pélicans
Ils sont omniprésents ! Mais ce qui fascine le plus est leur méthode de chasse, on dirait des oiseaux de proie. On les voit survoler à une centaine de pieds puis piquer du nez à une vitesse ahurissante vers l’eau pour attraper un poisson que le commun des mortels ne peut voir. Tout un spectacle. André prend plaisir à analyser leur comportement et se pose les questions existentielles d’usage, du genre « Quand ils plongent, ont-ils la bouche ouverte ou fermée ? »

Lecture
Moi qui aime la lecture, ce voyage est une opportunité parfaite pour consacrer de nombreuses heures à ce loisir que j’adore. Même André qui normalement s’endort après avoir à peine entamé un paragraphe (donc par conséquent peut prendre 3 mois pour lire un livre…) prend le temps de savourer quelques bons romans (il apprécie particulièrement Michael Connelly et John Grisham). Nous sommes partis avec une bibliothèque bien garnie dans le bateau mais en plus, j’aime bien cette charmante coutume que l’on retrouve dans les marinas « leave a book, take a book ». Ceci me permet de poursuivre ma découverte de nouveaux bouquins et d’alléger l’inventaire actuel. Voici quelques titres qui m’ont beaucoup plu :

The Ginger Tree : l’histoire d’une jeune femme qui, vers 1910, quitte l’Écosse pour Hong Kong avec son nouvel époux. Elle tiendra un journal de son séjour qui relate sa difficulté à s’adapter aux conformités de la micro-société anglaise qui y habite. Le scandale de son aventure extra-conjugale avec un noble japonais la mettra complètement à l’écart de ce groupe empesé du début du siècle.

The Help : Mon coup de cœur à date! On y suit l’histoire des servantes noires pour les familles blanches du Mississipi conservateur en 1960 et la complicité qu’elles développent avec une jeune blanche avant-gardiste qui veut écrire leur histoire. Génial! Celui là je ne le donne pas (de toute façon je l’ai acheté à Hampton) et je le rapporte pour ma mère.

Les Piliers de la Terre & Un Monde sans Fin : Je les avais lus cet été mais j’ai décidé de les reprendre. Bien écrit, passionnant et captivant pour ceux qui aiment les romans historiques. L’histoire de la religion en Europe du 14e siècle à son meilleur. Je ne verrai plus jamais une cathédrale de la même façon.

Eat, Pray, Love : C’est la parfaite lecture de vacances. Mais attention, oubliez le film (avec Julia Roberts) qui ne se compare en rien avec cet excellent livre sur la quête de cette femme de trente ans envers le plaisir de vivre, la spiritualité et l’équilibre. On suit son périple en Italie, en Inde puis en Indonésie. Celui là aussi je l’ai acheté et je le rapporte pour ma belle Andréanne.

Les « no-see-em »
Ces mini-minis mouches noires (tellement minuscules qu’on ne les voit pas, d’où leur nom) viennent de faire leur apparition il y a quelques jours et elles sont voraces. Je suis piquée partout! On dirait que j’ai la varicelle.

Le frigo
Ah… ce sujet qui me hante et dont je radote depuis quelques semaines. Eh bien, l’installation du nouveau système est en cours. Le bateau est dans un état épouvantable. La moitié de la cuisine est défaite, il y a des outils partout et André m’a sommé de sortir. Ouste! Je fais donc le  plein d’énergie au bord de la piscine car je sais que c’est le ménage qui m’attend d’un jour à l’autre. Je me répète mais j’ai hâte de faire une bonne épicerie !

vendredi 9 décembre 2011

À la découverte des BVI

Alors que nous avions planifié quitter les BVI pour St-Martin il y a de cela au moins une semaine, le problème de réfrigération nous a obligé à revenir à la marina de Nanny Cay. Diagnostic final : il faut tout changer. En attendant la livraison du nouveau système qui nous ramènera à la marina la semaine prochaine, nous sommes partis à la découverte de ce grand territoire que sont les Îles Vierges Britanniques. Notre première destination vendredi dernier : Virgin Gorda. Nous avons passé quelques jours dans le « North Sound » bien ancrés dans Levrick Bay. Nous y avons retrouvé Lynne et Paul de Beaudacious, partenaires du Carib 1500 et avons passé la soirée au Jumbie Bar. Le lendemain, j’ai fait du snorkeling pour la première fois (il y a une première fois à tout, même à 46 ans!), totalement génial !

Nous avons également visité le Bitter End Resort, un très beau complexe où nous avons dégusté le réputé Bushwacker (un excellent et généreux drink fait de rhum et Bailey’s). Une recommandation toutefois, il ne faut en prendre qu’un seul, le deuxième frappant fort (je peux en témoigner personnellement). Nous avons également visité, avec une permission toute spéciale mais avec défense de prendre des photos, le très sélect YCCS, un club privé pour les grands voiliers de luxe (je vous jure à côté de ces mastodontes, notre voilier à l’air d’une chaloupe). Je me suis toujours sentie privilégiée de pouvoir vivre une année sabbatique en voilier mais là je me sentais bien pauvre, comme quoi tout est relatif.

Notre trajet nos a ensuite mené à un très très court arrêt à Spanish Town pour faire la demande de prolongement de séjour au bureau d’Immigration (un aller-retour au bateau pour retrouver le formulaire manquant et 20 $ plus tard on est bon jusqu’au 20 décembre), le remplissage des bonbonnes de propane et la cueillette de glace quotidienne. Nous avons ensuite fait un saut du côté Nord-Est de Tortola qui ne nous a pas excités car nous n’apprécions pas beaucoup les baies achalandées où on retrouve environ 150 bateaux au mouillage.

Mercredi le 7, nous sommes finalement revenus du côté Sud à Road Harbour pour faire quelques courses, se sentir bien petits à côté des bateaux de croisières de Carnival et Norway Cruise Lines et aller explorer la charmante rue principale de Road Town. Mais rester dans un port achalandé n’est pas notre style et nous avons repris le large, idée de faire le tour de Tortola en bonne et due forme. Cette charmante balade (avec un peu de vent puis plus rien, donc on a fini le tout au moteur) nous a mené jusqu’à Cane’s Gardens Bay, du côté Ouest de l’île. LE PARADIS. Il y a bien quelques autres voiliers autour de nous mais rien à comparer avec la foule habituelle qu’on retrouve dans les grandes baies populaires. C’est avec plaisir que nous avons fait la saucette à la plage puis pris l’apéro au Myetts Bar & Grill, un endroit qui a du charme et du style.

Nous réalisons aussi que nous sommes déjà le 9 décembre et que tout le monde à la maison est dans les préparatifs des Fêtes. Malgré les décorations (!!!) qu’on retrouve ici, Noël est bien loin de notre réalité. Nous ne savons pas encore ce que nous ferons le 24 ou le 25 décembre, mais je sais que je vais trouver cela bien bizarre de fêter Noël sans neige ni la famille.
Nous avons peine à croire que nous sommes ici depuis presque trois semaines. Parfois, l’aventure du rallye nous semble comme un rêve. Avons-nous vraiment traversé l’océan ? Nous apprécions chaque jour que nous passons ici et sommes bien conscients de notre chance. La météo est bonne et l’averse quotidienne est bienvenue car elle lave le bateau de l’eau salée. On compose également bien avec la chaleur car la brise est constante et nous avons de bons ventilateurs dans le bateau.

Notre rythme de vie a aussi changé. Ici on appelle ça « Island Time ». On se lève tôt et la matinée est consacrée aux quelques rares tâches à accomplir (quand il y en a). On lit donc beaucoup et tout se fait lentement. Pourquoi ai-je l’impression que le retour à la réalité sera un défi ? Vaut mieux ne pas y penser…

dimanche 27 novembre 2011

Partir de la marina pour mieux y revenir!

Nous étions très contents de quitter Nanny Cay jeudi. C'est bien beau les amis et les soupers au resto mais après quelques jours de cohabitation au quai, nous avions besoin de retrouver notre bulle. Nous avons donc pris la destination de Norman's Island dans Privateer Bay où nous avons passé 24 heures au pied d'un rempart naturel. L'eau est d'un bleu que je ne croyais pas possible si je ne l'avais vu de mes propres yeux. On y fait souvent la saucette parmi les poissons. Puis vendredi midi nous sommes partis pour Jost Van Dyke, l'île où on trouve le fameux bar Foxy's, nous nous sommes installés dans la petite baie juste à côté avec l'intention d'aller y faire un tour samedi soir. Mais à mon grand découragement, je me suis rendue compte vendredi soir que le frigo et congélateur ne fonctionnaient plus en raison d'un problème avec le compresseur. Nous avons donc repris la destination de la marina pour trouver quelqu'un qui pourrait nous aider et surtout prendre de la glace pour tout garder froid. Ce ne fut pas facile car peu de gens travaillent le samedi mais grâce à quelqu'un qui connaît quelqu'un qui connaît quelqu'un, on a pû avoir un coup de pouce. Tout semble maintenant rentré dans l'ordre, espérons-le car on ne peut se permettre de perdre nos provisions.


Nous devrons quand même revenir mercredi ou jeudi pour venir chercher une pièce qu'André a fait venir des États-Unis pour ajuster le désalinateur qui ne fonctionne toujours pas. J'ai hâte de ne plus me faire de souci avec la gestion de l'eau, car à chaque fois qu'on se baigne en mer il faut se rincer de l'eau salée pour ne pas en entrer dans le bateau. Le sel est le pire des corrosifs. Cette petite visite me permettra aussi de faire un peu de lessive et d'acheter quelques provisions.


Ce petit saut imprévu, nous a permis de retrouver avec plaisir l'équipage de DEFIANT qui a réussi à terminer le rallye de peine et de misère en 13 jours, dans des conditions ahurissantes. Ils n'ont connu que des soucis, premièrement leur équipier s'est désisté juste avant le départ, puis à peine deux jours en mer le GPS et le chart plotter (logiciel de navigation avec cartes) ont lâché, puis comble de malheur même chose pour le pilote automatique et la barre à roue peu de temps après. Le père et le fils ont donc installé la barre franche d'urgence et manoeuvré le bateau pendant tout ce temps à tour de rôle. Et tout cela avec deux chiens à bord! On admire leur détermination et leur bonne humeur!


Nous partons ce midi pour Virgin Gorda dont nous avons beaucoup entendu parler. J'espère que nous prendrons le temps d'aller explorer l'île car j'ai des fourmis dans les jambes et j'ai le goût de marcher.


Je continue de prendre des photos et mettrai à jour un album quand on quittera les British Virgin Island le 6 décembre.


PS. Une petit parenthèse dont nous sommes très fiers : non seulement nous avons obtenu la  2e place dans notre catégorie mais nous avons aussi terminé 5e au classement final du rallye, toute catégorie  (sur 61 bateaux)! Nous sommes très très contents de ce résultat compte tenu qu'il s'agit de notre première expérience de navigation océanique.

dimanche 20 novembre 2011

Notre première traversée.

À tous les jours j’ai pris mon cahier rouge pour mettre sur papier non seulement ce que nous avons vécu mais ce que j’ai personnellement ressenti au cours de cette étape importante de notre voyage.

Vous remarquerez que je parle beaucoup de la météo, celle-ci occupe une place cruciale car elle dicte le rythme de notre vie en mer. J’espère avoir trouvé les bons mots pour partager nos émotions.

Vendredi 11 novembre

15h10.             Nous sommes partis à 9h30 du quai de Hampton. André et moi avons ressenti beaucoup d’émotions au départ du rallye. Que c’est beau de voir tous ces voiliers déployer leurs voiles, j’ai pris des photos.

Depuis, il a fallu se refaire la main et le pied marin car ça fait deux semaines que nous sommes amarrés à la marina. Nous avons déterminé les quarts de veille et je suis en pause jusqu’à 21h. Il ne fait pas chaud et il faudra bien s’habiller pour affronter la nuit.

André coache actuellement Ian sur l’usage du chart plotter (Ian vient de débuter son quart) et j’espère qu’il prendra le temps de décrocher et de se reposer. De mon côté, ma seule crainte, la nuit. On verra bien… Vais-je jouer à la paresseuse et garder le pilote automatique ? C’est tentant.

Minuit.             Je viens de terminer mon quart de veille et mes appréhensions se sont dissipées. Quel moment magique. Le lever de la lune m’a laissé sans voix. Bien ronde et lumineuse, son éclat m’a accompagné pendant ces quelques heures. Les vagues sont belles, longues et langoureuses. Il y a même quelque chose de sensuel dans leur mouvement. Je crois rêver. Le vent est assez stable et le pilote automatique travaille bien. Mais je suis due pour le repos. Le lit sera confortable.

Au menu ce soir : Penne, sauce crémeuse au saumon & câpres (recette délicieuse mais ne congèle pas bien. À refaire et servir fraîchement apprêté).

Samedi 12 novembre
35o 74’ N 074o 00’ W

13h30.             Il fait un temps magnifique! Après le temps froid de la nuit dernière (manteau, tuque et mitaines de ski) ça fait du bien d’enlever quelques pelures. L’eau est bleue … windex! Nous ne sommes pas encore sortis du Gulf Stream et les vents légers nous obligent à mettre le moteur.

Tout doucement on sent la routine qui va s’installer. À tous les matins je m’occupe d’aller chercher les fichiers GRIB pour l’analyse des vents des prochains 72 heures ainsi que le courriel du rallye avec les prévisions météos. Je dois également entrer les données au journal de bord à 9h et 21h.

Le bateau est plus que confortable et le temps agréable me donne même le goût d’être derrière les fourneaux. Les gars commencent aussi à penser à la pêche. Je leur ai demandé d’attendre un peu car le congélateur est plein des mets préparés à l’avance à Hampton. Je vais faire une petite sieste avant de prendre mon quart à 15h.

Au menu ce soir : Poitrines de poulet aux champignons, sauce au vin blanc sur nouilles aux œufs.

Dimanche 13 novembre
33o 54,5 N 072o 33,03’ W

8h22.               Mon quart de nuit (minuit à 3h) s’est somme toute bien déroulé. Le vent inégal dans sa force était au moins stable dans sa direction. Bref ma seule manœuvre fut de tendre un peu le génois une fois!

Ce matin, une toute autre histoire. Le vent est léger, variable, bref on est au moteur, pas le choix. Il faut se dépêcher d’être le plus au sud le plus vite possible la où les vents sont meilleurs. Il ne faut surtout pas non plus épuiser nos réserves de diesel. Le temps est magnifique, il y a quelques nuages dont certains pourraient apporter des averses mais rien de majeur à l’horizon.

Les gros manteaux sont maintenant bien rangés dans le placard où, je l’espère, ils dormiront jusqu’à l’an prochain. Il est agréable d’enfiler des cirés légers et même de retirer la tuque et les gants. Quel plaisir de savoir que dans quelques jours, nous serons en tenue d’été.

15h35.             Nous avons essayé quelques manœuvres mais rien à faire, on doit se résigner au moteur. Nous avons le vent directement dans le nez. J’apprécie le commentaire d’Ian «You’ve got to have faith ». Nous avons aussi croisé notre ami Simon sur Croque-Bleu et avons navigué assez près pour se parler de vive voix. Trop drôle de se retrouver ainsi au beau milieu de nulle part.

Autre rencontre moins drôle. Des morceaux de plastique et de styromousse flottant sur cette merveilleuse étendue d’eau. Quelle agression pour la nature et pour l’œil.

Au menu ce soir : Crevettes thaï sur riz basmati et légumes grillés à l’ail.

Lundi 14 novembre
32o 13,5’ N 071o 18,9 W

9h45                Moteur, moteur, encore du moteur. Notre orgueil est mis à l’épreuve car nos stratégies pour naviguer à la voile se sont avérées infructueuses. De plus, on a l’impression d’être en queue du peloton. Merde. On se console toutefois en se disant que nous sommes capables de faire le rallye dans un délai honorable. Il y a quand même un party le 21 qu’on ne veut pas manquer.

Mon quart de nuit (minuit – 3h00) a été bizarre. Oscillant entre essayer de naviguer à la voile avec peu de vent (nulle mais nulle) et l’admiration pour un ciel étoilé avec de rares nuages. J’ai aussi vu pour la première fois la luminosité phosphorescente de l’eau causée par le plancton. Magique.

Il fait encore plus chaud et nous avons enfin revêtu nos tenues estivales : shorts et t-shirts,yes!

13h31              Hourrah! Quel événement! Nous avons, dans l’espace d’une heure, attrapé deux mahi-mahis. Nous avons gardé et fileté le premier que nous dégusterons au lunch demain. Dans un élan de sympathie maternelle, j’ai demandé aux gars de rejeter le deuxième car c’était un tout petit.

Autre événement mémorable. Une bande de dauphins est venue jouer autour du bateau. C’est un spectacle que j’ai déjà hâte de revoir. Quel plaisir de les voir sauter et faire la course à la proue du voilier. André et moi avions l’air de deux enfants.

Si ce n’est d’avoir à être au moteur, ce voyage serait parfait. Mon chum est heureux et notre coéquipier est très sympathique. Bref, la vie est belle. J’observe qu’à être au milieu de l’océan, on réalise la force et la puissance de notre planète. Et André d’ajouter « Oui. Et quand on voit des cochonneries flotter, on constate sa fragilité. ».

Au menu ce soir : Lasagne (préparée par notre ami Donato de Oceano 2) et salade césar.

Mardi 15 novembre
29o 33’ N 070o 20’ W

11h15              Nous avons enfin du vent! Le moteur est arrêté depuis 10h30 et toutes les voiles sont sorties. Quel plaisir que de glisser au vent, même s’il n’est que de 12 nœuds. Nous faisons un honorable 7 nœuds en ligne droite vers Tortola. J’ai mis de la musique et on profite du moment présent.

Nous avons appelé les parents et ce fut vraiment chouette d’entendre leurs voix.

Au menu ce soir (on avait mangé un gros lunch) : potage de carottes, fromages et biscottes.

Mercredi 16 novembre
27o 38,7N 069o 36,5 W

8h52                Mon enthousiasme d’hier matin a subit une douche froide quand à l’heure du lunch le vent est tombé. Les gars en ont profité pour mettre du diésel dans le réservoir. Une opération délicate qui implique d’aller chercher les bidons dans la lazarette arrière puis dans les apporter dans le cockpit et verser le précieux liquide sans en renverser une goutte. Opération réussie.

Depuis, le vent a repris (15 nœuds) et nous faisons une moyenne de 7 nœuds dans la bonne direction. La mer est toutefois agitée avec de courtes petites vagues qui nous ralentissent un peu. Nous espérons surtout maintenir un positionnement correct au classement. Au moins plus de moteur.

Le défi maintenant dans nos talents de marins : bien placer les voiles, etc.. et gérer notre équilibre car le bateau gite de 15o à tribord. Cela rend les dodos plus « actifs » car non seulement on roule de côté mais les draps glissent aussi. Ce matin, notre lit a l’air d’un champ de bataille. Good luck essayer de tout replacer.

Voici maintenant 5 jours que nous sommes partis et que nous vivons tous les trois dans cet espace clos et même si Ian est charmant et de bonne compagnie, je vais apprécier retrouver mon intimité. J’ai aussi hâte de faire du lavage et du ménage (qui aurait crû) et de prendre un bon verre de vin. Comme il a été entendu qu’il n’y aurait aucune consommation pendant la traversée, je vous jure que le premier verre sera très bon.

Nous avons dégusté (littéralement) hier midi les filets du mahi-mahi, un vrai festin. Pêcherons-nous encore ? Moi qui n’étais pas une enthousiaste de ce sport, j’ai éprouvé beaucoup de plaisir lorsque la ligne a sauté. Vous auriez dû voir le fier sourire de mon chum.

Un autre petit plaisir est de lire les courriels de Benoît et de Daniel, qui nous guident et encouragent quotidiennement. Ce contact journalier avec « la terre » nous fait chaud au cœur, surtout quand ils nous annoncent notre classement positif dans la course et que les nouvelles météo sont bonnes. Merci Benoît et Daniel !

Au menu ce soir : Jambalaya avec saucisses de poulet aux poivrons.

Jeudi 17 novembre
25o 18,8’ N 068o 37,2’ W

9h45                Ouf! Comment décrire de façon juste la dernière nuit. Agitation, insécurité, manœuvres maladroites, bref j’ai des croûtes à manger. Non seulement la peur ne s’explique pas mais elle est aussi sournoise. Les éléments qui font de moi une aventurière le jour, m’ont transformé en mauviette la pénombre venue.

Tout allait si bien pendant la journée. Nous avions une belle vitesse hier mais le soir tombé j’étais très intimidée et j’ai demandé à André et Ian de réduire la voilure. De plus, le bateau tapait fort à chaque vague et il fallait trouver une solution. Bref toutes ce brouha-ha plus une mer agitée ont rendu le sommeil difficile voir quasi impossible, et ont ralenti notre allure, passant de 7-8 nœuds à 2-3 nœuds. Ce matin nous avons ressorti le génois et filons maintenant à 6.5 nœuds. J’ai également apprivoisé la nuit et ne devrais pas avoir de problème pour mes prochaines veilles.

Il faut absolument aussi que je perfectionne mes aptitudes. Qu’est-ce qui m’arrête? La peur de faire une gaffe? Je me rends compte que je suis intimidée par ce gros voilier et les compétences d’André et d’Ian. Aies confiance Marie, t’es capable!

Aujourd’hui, il fait encore plus chaud et nos vêtements commencent à nous coller à la peau. Pas évident se sentir frais et dispo quand tu prends une douche aux 2-3 jours et qu’entre cela c’es une toilette à la débarbouillette.

On rigole aussi beaucoup avec l’activité quotidienne d’Ian qui tente tant bien que mal d’établir une connexion avec son téléphone satellite Global Star. Parfois ça fonctionne bien et à d’autres moments pas du tout. Il a l’air de vouloir le jeter par-dessus bord.

Je suis contente que nous ayons trouvé une vitesse de croisière stable et agréable. Les gars font la sieste dans le cockpit. On dirait deux lézards qui se reposent sur une pierre chaude, les yeux mi-clos, engourdis et sereins. Pendant ce temps, j’ai réussi à mettre un peu d’ordre à l’intérieur, mais j’insiste sur « un peu ».

Au menu ce soir : Bœuf aux légumes

Vendredi 18 novembre
  
7h18              Voici plus de deux jours que nous avons une allure au près en ligne droite sur l’arrivée. Si l’avantage est que nous y serons en 48 heures, nous subissons les effets des vagues et de la houle. On se fait brasser! Si l’équipier de veille dans le cockpit bénéficie d’un confort relatif, les deux autres à l’intérieur ont le défi de dormir. Dans le cockpit, on entend le vent, les voiles, le mouvement des vagues et du voilier. À l’intérieur, ça brasse, ça tire, ça cogne, ça grince, et ai-je dit que ça brasse?

Malgré tout on est de bonne humeur, on se donne de mini-objectifs, comme atteindre le 250 milles nautiques à 22h et on a fait un pari : donner l’heure exacte à laquelle on passera la ligne d’arrivée. Celui avec le plus grand écart paie la première tournée de bière. Nous sommes tous d’accord que ce sera aux petites heures dimanche matin. Ian prédit 4h30, André 3h et moi 5h.

J’ai fait ce matin mon quart de veille favori, 6h à 9h. J’adore voir le lever du jour sur l’océan. L’eau est vraiment argent. J’ai eu droit pour moi toute seule à ce spectacle époustouflant du lever du soleil derrière un petit nuage. On aurait dit une image biblique. Pendant quelques instants j’ai compris pourquoi tant de peuples ont vénéré le Dieu Soleil.

J’allais oublier de mentionner le petit pépin qui est arrivé hier soir pendant mon quart de veille (évidemment ça devait arriver à moi…) Tout allait bien quand tout d’un coup le pilote automatique s’est arrêté. Allez hop, je prends la barre, réveille André qui a dû défaire le lit pour effectuer la réparation. Tout est rentré dans l’ordre, ouf!

Au menu ce soir : Chili

Samedi 19 novembre
19o 47,8 N 065o 19.2 W

16h17              Il est temps que nous arrivions. Nous sommes fatigués, on se sent ouache car il fait très chaud et on ne peut ventiler le bateau (il y a beaucoup de vagues qui viennent s’écraser sur le pont) et l’air salin garde l’humidité sur tout. Les gars ont aussi travaillé fort depuis hier soir car nous avons traversé une zone de cellules orageuses qui nous a amené de la pluie et de forts vents. Mon chum est mon héros. Ce matin alors que nous faisions justement face à l’un de ces nuages, il est resté calme, a gardé la barre et a bien guidé le bateau. Au moment où j’écris ces lignes, il nous reste 93 miles nautiques à parcourir, c’est à la fois encourageant et décourageant car on se sent si près mais si loin aussi. Le sommeil est toujours difficile et on fait surtout de courtes siestes de 30 minutes. Vivement une bonne nuit de sommeil.

Autre observation. Voilà plusieurs jours que nous n’avons vu aucun autre voilier du rallye. On se sent bien seuls et avons très hâte de retrouver nos compatriotes! À tous les jours nous recevons le courriel avec le positionnement des bateaux et on s’amuse à les mettre sur la carte pour voir leurs progressions.

Au menu ce soir : Filet de porc aux abricots et couscous

Dimanche 20 novembre

16h33              Nous voici arrivés à Tortola, plus précisément à la marina Nanny Cay. Nous avons franchi la ligne d’arrivée à exactement 5h41 et 9 secondes dans un mélange d’exaltation, du sentiment du devoir accompli et de soulagement. Très rapidement je suis allée à la buanderie faire les 9 (!!!) brassées de lavage (une éternité mais ouf c’est fait). Depuis on vit les retrouvailles avec nos collègues navigateurs, on a dégusté la bouteille de champagne pour célébrer et nous sommes allés faire un tour à la piscine. Ce soir il y aura un BBQ pour les participants et c’est demain soir qu’aura lieu l’événement de remise des prix, on a bien hâte de connaître si nous ferons amende honorable. À partir de maintenant nos journées seront divisées entre les tâches d’usage (le bateau a besoin de tout un ménage) et la détente en après-midi.

L'environnement ici est magnifique. La marina est dans une petit baie nichée au creux de montagnes luxuriantes. On entend les coqs et les oiseaux, bref un coin de paradis.

Notre équipier, Ian, repart demain matin et nous garderons le souvenir d’un compagnon de voyage compétent et agréable, et que nous espérons avoir le plaisir de retrouver dans les Îles cet hiver.

Je vais aussi terminer le ménage dans la multitude de photos prises pendant la traversée et publierai l’album d’ici demain.

En conclusion, nous sommes fiers de notre périple et tenons à remercier tous ceux et celles qui nous ont envoyé de bonnes pensées pendant la traversée. Yes we made it!

Marie-Claude et la toujours fidèle complicité de son capitaine, André.

vendredi 11 novembre 2011

Le grand départ....

J'ai les papillons dans l'estomac! Après 5 jours de délai voici le moment venu du grand départ. Nous y avons tant rêvé. Les vents sont avec nous et l'équipe météo qui nous accompagne a fait du bon travail (de même que les judicieux conseils de Benoît et Daniel). Le bateau est prêt, l'équipage aussi! 

Je tiendrai un journal quotidien pendant la traversée que je mettrai sur le blogue à notre arrivée à Tortola, sans oublier les photos. J'espère trouver les bons mots pour transmettre les émotions mais aussi la joie et l'exaltation. Plusieurs de nos collègues vont également partager sur le site du rallye leurs photos et leurs aventures. Je ne sais pas si nous pourrons faire de même. Comme nous ne sommes que 3 (vs 4 pour les autres) l'agenda sera fort occupé, mais on verra. 

Comme on dit ici "fair winds & good sailing".

samedi 5 novembre 2011

Plus que deux dodos (en principe...)

Je me suis esquivée quelques minutes pour mettre à jour le blog. Il m'est venu à l'idée d'écrire ces quelques notes ce matin plus par thème que chronologiquement.


Ian est arrivé
Notre équipier est arrivé mercredi au grand bonheur d'André. Ses bagages sont malheureusement arrivés 24 heures plus tard, mais au moins il a tout récupéré. Ian est sympathique et rassurant. Je suis contente d'avoir non seulement un autre marin d'expérience à bord mais aussi quelqu'un qui a déjà fait le rallye 2 fois!  C'est vraiment un plaisir de l'avoir avec nous.


Il y a toujours quelque chose à faire
Nous procédons aujourd'hui à mettre la dernière touche aux préparatifs importants. Toute la semaine nous avons été occupés à faire toutes sortes de trucs comme mettre le nom du bateau sur tout l'équipement, mettre du "reflective tape" sur les bouées, installer les lignes auxquelles on s'attachera lorsqu'à l'extérieur, les gars ont passé le bateau à la loupe pour ajuster, attacher, remanier, etc... avec tout le processus de réflexion que cela implique! 


Plus tard aujourd'hui nous ferons le tour à l'intérieur pour poser les filets et mettre à l'abri ce dont on n'aura pas besoin pendant le voyage. On ne garde que l'essentiel! Un bon truc qui m'a été donné lors de mes lectures est de prendre une photo de ton intérieur, de la tourner à l'envers et de voir qu'est-ce qui tomberait!


Les séminaires de formation
À date nous avons participé à des formations sur les provisions, la pêche, la météo dans le Gulf Stream, "practical health tips". Ce matin, je m'en vais à une rencontre sur les British Virgin Islands, ensuite les communications puis mesures d'urgence. Nous sommes bien encadrés!


Des gens extraordinaires
Faire le Caribbean 1500 veut surtout dire rencontrer des gens extraordinaires et se faire des amis pour la vie. L'entraide y est extraordinaire. Tout le monde se donne un coup de pouce, s'échange une bière après une bonne journée de boulot. J'ai donné un coup de pouce à une femme qui vient juste d'arriver et n'avait pas eu le temps de planifier ses menus. Il y a Donato et Jim, nos voisins (de Toronto!) qui nous ont aidé à accoster lors de notre arrivée et que j'ai maintenant adopté comme "mes p'tits frères". Donato est Italien et ça sent toujours bon sur leur bateau. Il y a aussi Jenny et Charlie du Texas, de bons vivants qui ont déjà fait le rallye et sont toujours prêts à répondre à nos questions.


Celle qui a été phénoménale aussi pour nous est Kate Lawrence la "Dock Master" de la marina. Hier était sa journée de congé mais elle nous amené, trois autres femmes et moi, pour faire une dernière épicerie. Que de générosité.


Je pourrais en écrire encore bien long sur la gentillesse de tout le monde!


Les provisions et les repas
Oh! quel sujet de conversation! J'ai fait à date trois voyages d'épicerie (incluant un Costco) et je crois qu'on va être OK. Les repas sont terminés (j'ai dix repas de préparés et congelés) et Donato m'a même fait une lasagne - wow! En échange, je lui ai promis de lui faire des crêpes avec du sirop à notre arrivée à Tortola.


Même un passage télévisé
Les organisateurs du rallye ont été invités à participer à l'enregistrement d'une émission de télé locale  et nous ont gentiment demandé de se joindre à eux! Ce fut une expréience pas mal chouette à l'exception d'avoir eu à se lever à 5h30 vendredi matin.


Vous pouvez voir le petit clip de 2 minutes en allant au lien suivant : http://www.wavy.com/dpp/hr_show/live-audience-caribbean-1500

Comment nous suivre pendant la traversée
Si vous désirez en savoir plus sur les préparatifs du groupe, voir des photos, etc. le site du rallye est : http://www.worldcruising.com/carib1500/
De plus, c'est là que vous pourrez suivre notre parcours en cliquant dans la colonne de droite sur "Fleet viewer click here".
Nous nous sommes faits dire que Dancing Lizard devrait être capable de faire le trajet en 8 jours facilement. Wow!




Je retourne donc à une autre bonne journée de boulot.  Peut-être fatiguant, mais très stimulant! Les photos suivront d'ici lundi et ce soir c'est le party de Bon Voyage car demain est considéré comme journée de repos (yeah right!)

dimanche 30 octobre 2011

Enfin à Hampton

Vendredi 28 octobre

Les dernières 24 heures furent intéressantes. De la belle voile hier avec un vent de travers entre 15 et 20 nœuds – magnifique! Nous avons jeté l’ancre à 20h00 dans une petite rivière, bien à l’abri des forts vents du Nord annoncés. Nous apprécions les lendemains matins alors qu’on s’est ancré à la noirceur. Tout d’un coup le paysage n’est plus le même, ce qu’on s’est imaginé prend une autre forme, les distances et les références sont toutes autres. Là où ce n’était qu’ombre et confusion, apparaissent tout d’un coup, plages, maisons et paysages définis, c’est notre petit plaisir matinal. Nous sommes repartis tôt ce matin pour atteindre Hampton à 13h30 par temps froid, sous un ciel nuageux, du vent arrière et des vagues courtes mais hautes (disons qu’on s’est fait brasser!!!), une chance qu’on a apporté des vêtements chauds! Nous avons une fois de plus croisé un sous-marin, une vision cinématographique qui nous impressionne à chaque fois.

L’accueil au Hampton Public Pier est chaleureux et accueillant et déjà les organisateurs de la traversée sont venus nous rencontrer. Dire qu’on passera plus d’une semaine ici dans l’action des préparatifs pour le GRAND DÉPART. Nous sommes à la fois fébriles, anxieux, et un peu fatigués devant l’ampleur des préparatifs.

Ce soir c’est donc repos, mon chum s’occupe du souper (du poisson, un des ses trois spécialités) et dès demain nous terminerons le « to do list » et partirons à la découverte du quartier autour de la marina.

Samedi 29 octobre - Costco, etc...

J'ai eu la chance de pouvoir accompagner Danielle pour les courses aujourd'hui (elle et Michel ont loué une voiture) pour une tournée "grande épicerie". J'ai donc fait le plein chez Costco et à l'épicerie. Ne me restera plus que l'achat des viandes vers jeudi pour faire les recettes prévues pendant la traversée. À date au menu : Chili, fricassée de pois chiches, boeuf aux légumes, tortellini marinara, cretons maisons, crevettes thaï et poulet indien... la fin de la semaine s'annonce occupée dans la cuisine pour moi. Le coin "Vino" est aussi très impressionnant chez Costco (La Veuve Cliquot n'y est que 44 $), j'ai bien sûr fait quelques provisions à cet égard.

Nous avons aussi eu un premier cocktail informel et avons rencontré d'autres navigateurs qui participent au rallye. Le petit bistro qui nous a accueilli, La Bodega, est vachement sympa et semble être une des destinations locales pour le 5 à 7.

Nous savourons également le confort de la marina : eau à profusion, branché au quai - donc électricité sans problème, la buanderie au bout du quai.... le grand luxe!!

Dimanche 30 octobre

Nous avons élaboré ce matin le "to do list" final, j'ai l'impression de ne parler que de cela depuis des  semaines, mais on va en venir à bout pour samedi prochain! Nous avions également notre rendez-vous d'accueil officiel par l'organisation du Caribbean 1500, qui s'est bien déroulé mais on a beaucoup de choses à lire et de papiers à signer (en bonne fille d'avocat, je lis tout au moins 2 fois) . Nous sommes allés chercher notre commande chez West Marine (on nous y connaît déjà par notre prénom). Puis à 15h30, nous avions notre inspection de sécurité. Nous avons encore quelques ajustements à faire pour avoir le feu vert (c'est fascinant la quantité de demandes qu'ils ont...) mais on va être "réglo" sous peu.

Nous avons également eu le programme de la semaine et il y aura des séminaires intéressants dont le "women's round table". Une activité organisée dans le but de permettre aux femmes de ventiler et d'exprimer librement leurs appréhensions! Inutile de spécifier qu'à chaque fois qu'on se voit, on parle organisation, rangement, popotte, premiers soins, pendant que nos mecs parlent de marque de bateau et hauteur de mât, de voiles et de moteur, de gréement, de pièces de rechange, etc... Je participerai également aux rencontres sur la sécurité, les communications et la météo. De son côté, André ira aux séminaires aux sujets plus techniques (tel la pêche!).

Nous prenons ainsi un grand plaisir à échanger avec nos comparses et avons hâte de rencontrer le reste du groupe. 61 voiliers en tout participent à la traversée dont plusieurs pour la première fois. En marchant sur les quais on remarque qu'ici aussi notre 46 pieds est dans la moyenne. Il y a beaucoup de très bons et gros bateaux autour de nous!

jeudi 27 octobre 2011

Petit arrêt à Deltaville

Jeudi 27 octobre


Nous voici à Deltaville pour un arrêt avant Hampton. Nous devions être ici que pour 2 jours mais notre départ est retardé de 24 heures car nous avons un petit problème avec le moteur et un appel de service au mécanicien de la marina s'impose. Le tout devrait être réglé cet après-midi pour que nous puissions reprendre la route demain matin. Il faudra s'habiller chaudement car on annonce un très frais 55!



Mardi 25 octobre – les caprices d’Éole

Quelle bizarre journée de voile. On a beau écouter les bulletins météo, planifier notre route, attendre le bon vent, c’est la nature qui décide et elle ne prévient pas si elle change d’idée! Nous avons donc quitté Solomons Island ce matin à 9h30 pour prendre la direction de Deltaville, VA. Le soleil était au rendez-vous tel que promis et nous avons sorti les voiles pour gérer le vent Nord-Ouest prévu. Eh bien, ce ne fut pas long que le vent est plutôt devenu plein Nord (merde dans le dos…) et plutôt instable et faiblard. Allez hop, on rentre le génois et on sort la trinquette. Rien à faire, de la voile capricieuse et agaçante à gérer. Ok on rentre le tout pour être capable de luncher sans mettre des morceaux de sandwich partout dans le cockpit et on part le moteur. Après avoir un peu tergiversé, on se dit qu’après tout on est marin et qu’il faut faire de la voile, il doit bien y avoir une solution. Et on recommence. Devinez quoi… eh oui, ça n’a pas duré, le vent est retombé. Ok on rentre à nouveau le génois. Je vous dis une vraie danse de Saint-Guy. Eh bien, y a de quoi devenir fou! On a décidé de se replier sur la trinquette. À peine la trinquette sortie et le génois bien enroulé, nous avons passé la pointe du Potomac (vous savez cette belle rivière qui monte jusqu’à Washington), on s’est retrouvé avec un beau vent de travers à 15 nœuds!!!! Non mais merde…. On ressort le génois! La totale - youpi! C’est donc à partir de 14h30 qu’on peut dire que c’est un peu plus intéressant, même si on se fait grandement bercer par des vagues courtes qui nous frappent de côté en raison du courant et du vent. Pour nos comparses de voiles du Lac Champlain, est-ce que ça vous surprend qu’André se promène encore juste au génois?

Le highlight de notre journée fut toutefois l’apparition d’un sous-marin derrière nous, bien escorté par les US Coast Guards. Ni une, ni deux, nous avons été interpellés sur la radio et sommés de dégager le chemin! Quand les Coast Guards te demandent de te tasser, tu te tasses!!!! Ce fut évidemment assez impressionant.

lundi 24 octobre 2011

Solomons Island: Happy Hour time!

We arrived in Solomons Islands on Saturday and were immediately greeted by fellow sailors, Jay & Imi, whom we met back in Atlantic Highlands (Sandy Hook). It didn't take long for the four of us to gather around a good glass of wine and yummie appetizers in their warm and welcoming sailboat. This happy hour amongst new friends set the tone for what would be our short but pleasant stay in this charming bay.






According to the Waterway Guide of the Chesapeake Bay, Solomons Island has developed since the 70s into on one of the Chesapeake's top destinations for boaters. This proved right just by the sheer amount of boats surrounding us. I think there are more boats then people and houses put together in Solomons.






We didn't much tour the area except for a short walk along the river as there isn't much to see despite what the lady at the Tourist Center told us. However we had a nice surprise on Sunday afternoon, when we saw a couple of sailboats from Montreal anchor next to us. Even though we didn't know any of them, we warmingly invited everyone aboard for drinks and quickly became friends with Nicole & Yves and Monique & Sylvain, all of them heading toward warmer climates. Andre had met Yves last winter when both of them took a class in fiberglass maintenance. We also ran into Jean-Pierre, who cruises solo on his beautiful and well equipped saiboat NOA. He's heading for Cuba for the winter. It was fun to spend the evening sharing our stories and mostly all agreeing that it's important to enjoy every minute of our trip.


We are leaving tomorrow for Deltaville for a short rest before planning our arrival in Hampton for Thursday.


PS For those of you who want to locate our different stops, I always pinpoint where we are on Google map. Just click below the message on the reference next to "Pays/territoire".

jeudi 20 octobre 2011

Un petit coin de paradis

Jeudi 20 octobre


Nous voici confortablement installés à Herring Bay à la marina Herrington North, probablement une des plus belles marinas que nous ayons jamais vue. Notre arrivée fut un peu rock'n roll car l'étroit chenail pour y arriver n'a que 7 à 9 pieds de profondeur selon la marée et nous tirons 7 pieds! Pour nous aider (!!!!) la marée haute était à 20h30, nous avons donc fait notre approche à la pénombre, dans la pluie et le brouillard, par une soirée sans lune. Cela s'est très bien passé grâce à un achat judicieux au Boat Show d'Annapolis, soit des écouteurs avec micros, ce qui m'a permis d'être en avant du bateau pendant qu'André tenait la barre. Je pouvais ainsi le guider et éclairer notre route sans qu'on ait à se crier d'un bout à l'autre du bateau. Génial. 


Nous avons ce matin découvert le magnifique environnement qu'est la marina Herrington. C'est en fait une marina "verte" avec des installations de récupération, de prêt de vélos, etc. et des aménagements où l'habitat naturel de la faune a été respecté. Tout y est propre, bien entretenu et nous avons bénéficié de bons services. Être à quai veut aussi dire électricité à volonté! On en profite pour regarder quelques bons films et utiliser le micro-ondes, comme quoi les petits luxes sont relatifs qu'on habite à terre ou sur un bateau!


La météo des prochains jour s'annonce agréable et on poursuivra notre route vers le sud de la Baie, en espérant qu'on pourra au moins le faire à la voile.

mardi 18 octobre 2011

Un autre petit village!

Dimanche 16 octobre

Saint-Michael’s était à la hauteur de sa réputation. Ce village touristique est littéralement « envahi » par les visiteurs lorsqu’il fait beau et la rue principale nous a fait penser à St-Sauveur . Nous nous sommes ancrés dans la petite baie d’où il était très facile d’accéder au village. On a donc fait le shopping d’usage (il faudra bien se calmer un des ces jours car on va rapidement arriver au bout de notre budget) et même contribué à la collecte de fonds de l’église locale en bonifiant la bibliothèque du bateau via leur vente de livres usagés.



Le charme des petits villages ne se limite pas aux maisons et aux beaux restaurants, il y a aussi ses résidents. Nous avons rencontré entre autres, un ancien pilote de l’armée américaine qui a combattu au Vietnam à l’âge de 22 ans. Il nous a longuement raconté son expérience, la perte de toute son escadrille, et comment son avion a été abattu et a dû fuir pendant 4 jours avant d’être secouru. Il est maintenant professeur à l’Académie navale d’Annapolis en plus de posséder une entreprise de pacanes confites absolument délicieuses dont il s’est fait un plaisir de me vendre un sac!

Mais au bout de trois jours nous avons décidé de changer d’air. Au réveil ce matin, le ciel était bleu, le vent était bon, on a donc levé les voiles et pris la direction de Oxford, un peu plus au sud. Nous sommes fiers de notre sortie de la baie de Miles River, réussie en quelques virements de bord savamment exécutés. Nous avons fait une magnifique journée de voile. J’ai pris la barre une bonne partie de l’après-midi, idée de continuer à acquérir de l’expérience et prendre confiance. Je dois améliorer mes notions qui ne viennent pas encore naturellement à l’instar d’André qui est un marin né. Il a le « pif au vent » et sait instinctivement ce qu’il faut faire, comment ajuster les voiles, etc. J’ai encore des croûtes à manger et mon orgueil est durement mis à l’épreuve par mon professeur.




La baie de Chesapeake est un plan d’eau formidable pour faire de la voile mais le paysage est très ennuyant car tout est plat! Contrairement au Lac Champlain où on est entouré de montagnes, ici ça manque de relief. Je sais, je sais, on ne devrait pas se plaindre trop fort car naviguer est une magnifique façon de voyager et de découvrir le monde. Quelle chance!

La soirée s’annonçait tranquille, mais oh surprise! Alors qu’André allait jeter un coup d’œil routinier à l’extérieur, il a constaté que nous avions chassé beaucoup et étions rendu presque de l’autre côté de la petite baie où on se croyait à l’abri des grands vents qui soufflent ce soir. Allez hop, on a reparti le moteur et, à la grande noirceur, il a fallu nous trouver un meilleur endroit pour jeter l’ancre, tout un défi. Hmmm… pas certain qu’on dormira tranquille sur nos deux oreilles.

Lundi 17 octobre

La prédiction d’hier soir s’est avérée exacte. Notre nuit fut perturbée par nos préoccupations d’ancrage. André s’est levé à plusieurs reprises pour s’assurer de notre stabilité, nous sommes donc un peu « poqués » ce matin
.
Nous avons quand même profité du beau temps pour aller explorer Oxford, un autre petit village dans la même veine que tous ceux visités jusqu’à maintenant. Une fois de plus, les maisons sont bien entretenues du type « bardeaux et volets fraîchement peints-clôture blanche-fleurs et véranda moustiquaire ». À croire qu’il y a une compétition à qui aurait le style le plus léché pour le calendrier de l’année. Une variante ici par contre. Sur la pointe de la baie, quelques grands terrains ont été vendus à des mégalomanes de la pire espèce, du genre « ma maison est plus grosse que la tienne » et se construisent actuellement des manoirs à l'américaine. Malheureusement, toutes ne sont pas de bon goût. Bref, en 60 minutes, on a fait le tour d’Oxford, une ville dortoir, où nous n’avons par rencontré âme qui vive.






Mardi 18 octobre


Nous sommes ancrés depuis hier dans une petite baie très très tranquille tout près de Cambridge. Ce fut une journée 100% relax - lecture, ménage et menus travaux à l'horaire. Notre prochaine étape est du côté ouest de la Chesapeake, à Herring Bay, où nous serons à la marina pour faire exécuter quelques ajustements aux gréements. Le signal Wi-Fi y sera meilleur et me permettra la mise à jour des albums photos et de terminer un dossier pour le Y que je n'ai pû "downloader" jusqu'à maintenant.

vendredi 14 octobre 2011

En direct d'Annapolis, MD

Lundi 10 octobre


Nous voici à Annapolis pour quelques jours de "vacances". On a évidemment visité le Boat Show, fait les achats touristiques et essentiels d'usage (on a TOUJOURS besoin de quelque chose sur un bateau et pour ceux qui connaissent mon chum.... et moi....). Toutefois, la liste des travaux à finaliser s'allonge car on réalise que notre arrivée à Hampton est prévue pour dans 3 semaines! D'ici là, il faut programmer le téléphone Iridium, installer les logiciels météo spécialisés et s'abonner aux services qui nous donnerons la météo lorsque nous serons sur l'océan pendant la traversée. Il faut aussi se familiariser avec tout cet équipement mais aussi devenir des météorologues en herbe. 


André voit aussi à une foule de petits détails pour améliorer les conditions de navigation : taquets additionnels, changer des poulies de place pour faciliter la manipulations des voiles, lumières additionnelles sur le pont arrière, etc... De mon côté, j'ai commencé ma planification des repas pour la traversée : recettes, conservation des aliments, etc. À ce sujet, je veux glisser un mot sur le livre de traversée écrit par notre ami Benoît. Ce guide extraordinaire me tient compagnie depuis notre départ et je m'y réfère régulièrement. Mon prochain projet, sa recette de pain. Je vous en redonne des nouvelles. 


Mais je veux aussi citer un passage de ce livre, passage qui m'a fait pleurer - sans blague - et qui résume bien les sentiments qui nous habitent lorsqu'on navigue dans des conditions parfaites, entourés d'une nature envoûtante :


   " Il est difficile de décrire ces moments de grande extase caractérisés par l'atteinte d'une harmonie, d'un équilibre fragile et précaire qu'on a réussi à établir entre les éléments, la machine, la nature et l'humain si petit au milieu de l'océan."


Merci Benoît d'avoir trouvé les bons mots pour décrire nos sentiments. Mais désolée, toute la notion d'électricité est encore un grand mystère pour moi, mais je persévère!



Jeudi 13 octobre


Nous sommes partis ce matin vers 9h00 sous un ciel gris, pluvieux et dans le brouillard après avoir passé quelques jours à Annapolis.

Une fois le Boat Show terminé, on a vite fait le tour de cette ville à saveur touristique-commerciale. Les boutiques de souvenirs « made in china » se succèdent ainsi que des restaurants, des restaurants et encore des restaurants. Au moins il a fait beau au début de la semaine. Nous avons été déçus que le vieux Annapolis n’ait pas de boulangerie, charcuterie et autre boutique de ce genre. L’épicerie se trouve à environ deux miles de la marina et on doit donc prendre un taxi. Toutefois, un fournisseur de services avec qui André fait affaires, nous a offert un lift et nous a même ramené jusqu’au quai. Un bon samaritain.

Nous avons soupé mardi soir dans un excellent restaurant italien avec Danielle et Michel. Une soirée agréable avec des bons amis et une opportunité de s’habiller différemment de nos éternels vêtements de navigation.

Nous nous dirigeons maintenant ver St. Michael’s, un charmant petit village dont tous vantent les mérites. Nous irons y passer quelques jours pour laisser passer le temps maussade et continuer les tâches de maintenance du bateau.