« N'ayez jamais peur de la vie, n'ayez jamais peur de l'aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d'autres espaces, d'autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît. »
(Henry de Monfreid)

dimanche 10 juin 2012

SLCDR - DERNIER CHAPITRE


Qui aurait crû que fuir la tempête tropicale Beryl – prévue pour tomber sur Charleston le 31 mai – nous mettrait encore plus les pieds dans les plats. Mais, je vais trop vite …

C’est le mercredi 30 mai à 16h20 que nous sommes arrivés à Hampton après une traversée parfaite. Un retour spécial pour nous car c’est ici que la grande aventure du Caribbean 1500 a commencé. Nous y avons aussi retrouvé nos « rivaux » du rallye, Jenny & Charlie, sur LADY. On l’a encore sur le cœur les 52 minutes avec lesquelles ils ont emporté la première place ! Quel plaisir de revoir nos amis après tous ces mois.

Hampton avait des airs de fête, se préparant pour le festival « Black Beard ». Il paraît que c’est ici que le fameux pirate aurait été capturé puis guillotiné. Il y avait donc beaucoup d’activités de planifiées et lorsque Kate, l’ancienne directrice de la marina de Hampton nous a offert de mettre le bateau au quai des condos où elle habite, nous avons chaleureusement accepté l’invitation de profiter des festivités pour la fin de semaine. Mais la fête fut de courte durée.

La journée de vendredi s’annonçait bien, même la météo qui prévoyait des averses et des orages n’était pas trop menaçante. Après un peu de bichonnage (dont quelques heures chez la coiffeuse), je me suis jointe à Jenny & Charlie pour aller au lancement des régates du Yacht Club voisin (à 1 000 pieds). Ils n’ont rien négligé : grand chapiteau, buffet, tables, très bon band, la totale. C’est à 19h que je suis revenue rejoindre André au bateau. Comme la pluie avait débuté, nous avions préparé le bateau comme on le fait toujours : bien attaché et les coussins à l’abri sous le dodger. À 20h, alors que nous regardions un film bien tranquille, un vent d’une force inouïe nous a brassés dans tous les sens. Puis on a eu l’impression qu’un train passait sur le bateau. La puissance de ce qui nous poussait contre le quai était au-delà de toute imagination. Pendant deux minutes ce fut le chaos total. Puis, plus rien. Le calme plat et un peu de pluie. On venait de se faire frapper par une tornade ! Les dégâts laissés sur son passage en disent long sur le pouvoir de destruction d’une tornade. Les photos jointes au blogue en témoignent. Pour notre part, nous avons des dommages importants, dont la destruction du génois, le tek endommagé à plusieurs endroits, là où le bateau a frappé le quai, perte d’une partie du bimini, destruction de l’éolienne et l’arche endommagée. Nous aurons eu la peur de notre vie.

Cette mésaventure ne nous empêche pas de poursuivre notre route vers la maison. Nous sommes maintenant à New York après avoir fait un saut à Atlantic City (pause de 36 heures car la mer n’était pas belle pour naviguer). On peut confirmer que ni André ni moi n’avons l’instinct joueur ! Puis, un autre 20 heures de navigation qui nous a amené à Atlantic Highlands (Sandy Hook, NJ) où mon frère Nickolas et sa femme Ishani sont venus souper au bateau. Nous avons passé une soirée magnifique en leur compagnie.

Nous serons à Montréal dans une dizaine de jours et nos sentiments sont mitigés. Même si nous sommes contents de retrouver la famille et les amis, nous avons le cœur gros que notre belle aventure soit déjà terminée. Avons-nous vraiment fait tout cela ? Wow!

mercredi 30 mai 2012

ON OUR WAY HOME - CHAPT. 10 - FALLING IN LOVE WITH CHARLESTON


We arrived late on the 24th in Charleston Harbour, trying to navigate around the gazillion number of buoys that mark the channels. Trust me, at 11 pm, all flickering lights look alike especially when there’s a well lit city in the background!

As we made our way in the bay, we were overwhelmed by the “city smell” but mostly by the very strong flowery fragrant. We finally made it safe and sound to Ashley River where we dropped anchor in front of the Charleston City Marina. We were very pleased to fall into bed after a non-eventful but still tiring crossing from Freeport (420 nautical miles in 53 hours).

Friday morning, we were well rested and ready to tour “the good old South”. We LOVED Charleston. Everything is charming and beautiful. There was plenty for our eyes to take in: the lovely architecture, the luscious gardens, even the narrow alleys are tended to. The city is so rich in history and so well preserved that you almost expect to run into Rhett Buttler and Scarlett O’Hara! So we walked around a lot, toured some art galleries and nice boutiques (of course I had to do some shopping – you know me…). Charleston is perfect for that kind a leisurely pace: there is no high-rise, making it a “human-size” city. We also discovered a fun wine bar, called Social, where we met some wonderful new friends, Pat & Denise, and Kent & Lynn. I hope we’ll have the opportunity to see them again. We had a wonderful time with them.

But no matter how much fun you’re having, the boat is always in the back of our mind. Are we well anchored? When will it be ok to leave? These things are important especially when there’s a tropical storm at your doorstep.

After a lot of consulting, reading, internet searching, talking with our friends, and calculating miles, waypoints and average speed, we decided to use the only window available to us: leave very early on Monday morning and stay ahead of the bad weather, putting as many miles as possible between us and the storm. The objective is to be in Hampton by Wednesday when Beryl will hit Charleston. This is also where we parted ways with our friends from Que Syrah. Daniel’s boat can easily go along the Intracoastal water way (we draw too much at 7ft and our mast is too high for the many bridges). It will be a bit of a longer journey for them but an easier one for his crew who are still feeling sick on rough open waters. We’re looking forward to getting back together further north, either in Hampton or New York.

dimanche 27 mai 2012

SLCDR - Ch. 9 - Freeport


Voici un tout petit chapitre qui conclut notre tournée des Caraïbes. Nous quittons Freeport aujourd’hui pour Charleston, première escale de notre retour sur le continent américain.

Faits saillants de notre séjour à Freeport

Les débâcles de la crise économique qui a frappé les États-Unis il y a 6 ans, a eu un impact majeur sur les Bahamas qui dépendent du tourisme américain. Cela était flagrant à Port Lucaya où nous étions ancrés. Marina fermée, complexes hôteliers déserts et centres commerciaux placardés témoignent de la crise. Au moins, le Port Lucaya Market Place a quelques boutiques divertissantes et hors-taxes.

On s’est donc trouvé un petit mouillage bien tranquille à l’intérieur du lagon devant le Grand Bahama Yacht Club. Un beau grand nom très chic pour un complexe fermé depuis janvier faute de clients ! Il y avait bien quelques résidants dans leurs magnifiques maisons de villes, mais ils ne pouvaient même pas profiter de leur piscine, elle aussi mise en congé.
On aurait bien aimé faire la saucette... c'est tellement beau.



Santé tout le monde !
Beau chapeau mon Daniel !

Par curiosité, nous sommes quand même allés faire un tour au Freeport International Bazar. Quelle désolation ! On l’a rebaptisé le « has-been bazar ». Ce magnifique complexe sous la thématique des grandes régions du monde, est une autre victime d’abandon total. C’est dommage car le concept est intéressant, chaque zone étant bien définie par son look. Quelle tristesse de voir toutes ces belles boutiques maintenant défraîchies et vides. On se croyait dans une ville fantôme.




Un autre symptôme des difficultés, il n’y a pas d’épicerie dans le secteur. Nous avons donc pris un taxi pour aller faire les provisions dans un centre recommandé par une des vendeuses. Surprise à notre arrivée, c’est un gros magasin de type entrepôt-Costco. On a bien fait tous nos achats, mais on a maintenant de la sauce tomate, des jus et des céréales pour se rendre jusqu’à la maison !

21 mai – 17h. On lève l’ancre, on dit adieu à l’exotisme des îles et on a le cœur gros de tourner la page. Mais comme on le répète, ce n’est qu’un au-revoir. Charleston, here we come !

lundi 21 mai 2012

SLCDR - CHAPITRE 8 - FREEPORT EN VUE !


Cat Island, Little San Salvador, Governors’ Harbour, Mutton Fish Point, Spanish Wells …

Les escales se suivent et ne se ressemblent pas…. Mais elles ont toutes en commun la prétention de nous avoir séduites.

Dimanche 13 mai : BONNE FÊTE DES MÈRES !

Le vent est enfin revenu et nous naviguons allégrement à la voile depuis deux jours. Yessss ! On surveille la météo quotidiennement afin de gagner Freeport le plus vite possible tout en profitant de l’environnement. Il faut bien joindre l’utile à l’agréable !

Ce matin, alors que nous étions au mouillage, nous sommes allés prendre une marche dans la petite commune de Governor’s Harbour. En ce dimanche bien tranquille, toute l’activité était concentrée à l’église méthodiste et nous n’avons pu résister à la tentation de nous y joindre. Nous nous sommes donc discrètement glissés dans le cadre de porte mais avons été rapidement repérés par un monsieur tout souriant. À sa question « Are you a mother? » à laquelle j’ai bien sûr répondu « Yes », j’ai eu droit à un chaleureux « Happy Mother’s Day », une belle accolade et le jolie cadeau de deux belles roses rouges et une petite bouteille de cidre pétillant. André et moi sommes restés pour s’imprégner de cette atmosphère de foi festive. En lieu de sermon, il y a eu des témoignages d’appréciation sur les mamans. Tout cela dans une belle église colorée, ensoleillée et fortement animée musicalement où les paroissiens avaient revêtus leurs plus beaux atours, incluant plusieurs dames qui portaient fièrement de magnifiques chapeaux dignes de noces anglaises. Nous avons tous les deux été émus par cette célébration à saveur plus communautaire que rituelle.
Les « Happy Mother’s Day » se sont succédés tout au long de notre promenade. Quelle gentillesse et expression de valeurs humaines !

Lundi 14 mai au Jeudi 17 mai

Nous quittons Mutton Fish Point en direction de la sortie du bank et de Spanish Wells.

Depuis Cat Island, nous naviguons dans l’archipel d’Eleuthera. Nous avons traversé tout le bank dans une eau où tous les bleus se confondent à des profondeurs variant de 2 à 10 mètres. Tout va bien jusqu’à date, on serpente, on zigzague, on consulte le GPS, le IPad et on passe. Ouf! On est maintenant dans 12 pieds d’eau.

Puis au nord il faut en sortir! Ce n’est pas toujours facile! Imaginez que les banks des Bahamas apparaissent à la surface de l’eau, la profondeur passant de 17 000 à 10 pieds en quelques milles seulement, le tout entouré d’une barrière de corail souvent invisible.

Il faut donc passer par des entonnoirs où s’infiltrent les marées et pour passer, il nous faut la marée haute, et à la marée haute, il y a 4 nœuds de courant qui bouillonne. Wow!........Mais ce n’est pas fini ! Après, il y a encore 9 milles à parcourir dans 5 à 10 pieds de profond. Nous, on a besoin de 7 pieds pour passer. Une chance qu’on a un GPS fiable mais aussi des nerfs solides. Mission accomplie !! Puis, au tournant d’une bouée blanche plutôt anonyme, on entre dans le canal de Spanish Wells……enfin notre récompense, on est arrivé.

Nous voici donc à Spanish Wells sous les nuages et la pluie. Le vent est à nouveau tombé et tout est gris. Beurk…

Par où commencer pour décrire Spanish Wells ? Nous avons passé 3 jours dans cette petite île de 2 000 âmes et nous avons eu plein les yeux en « découvertes ». Ici c’est Twilight zone meets ultra-conservative Tories. Mais entre les « praise the Lord » et « Jesus loves you », nous avons rencontré des gens chaleureux, accueillants et généreux. Les habitants, dont plusieurs retraités, sont à l’aise financièrement et habitent des maisons bien entretenues. C’est également une destination vacances populaire car il y a beaucoup de location avec vue sur la plage. Il y a bien quelques voitures mais c’est le cart de golf qui règne en roi et maître sur l’île. Et il y en a pour tous les goûts. Des carts de livraison avec une bonne boîte en arrière, ceux des personnes âgées bien protégés sous de petits abris, j’en ai vu eu avec un siège de bébé et bien sûr, l’ultime symbole de la jeunesse, celui conduit par un jeune « yo », casquette de travers, musique très forte et le cart modifié pour refléter son statut, autocollants, derrière jacké et mags inclus !

Spanish Wells est également ce qu’on appelle une « dry community », cela veut dire qu’il n’y a pas d’alcool de vendu dans les épiceries ni servi dans les rares restaurants. On a pourtant posé la question « Where can we get some wine? », pour se faire indiquer « Up the street, the yellow house on your left ». On cherche donc une quelconque affiche de commerce d’alcool sans succès, jusqu’à ce qu’un type (qui ressemble beaucoup à Kenny Rogers dans ses bonnes années) ouvre la porte de sa maison (jaune bien sûr) et me fait signe « I know what you’re looking for, follow-me ». En annexe à sa maison, il déverrouille la porte d’un petit espace où s’alignaient des bouteilles de vin, de l’alcool fort et des caisses de bière. De toute évidence, le bootlegging est un commerce lucratif ici car il paraît qu’il n’est pas le seul. Une vraie blague, car tout le monde est au courant et tout cela se fait en « cachette connue ».

On a aussi réussi à trouver un petit service de lessive qui se résume à une machine à laver et une sécheuse dans un cagibi dans la cour d’un dépanneur. Je crois que c’est ainsi que j’ai rapporté quelques « no-see-em » sur le bateau, on s’est fait piqué toute la nuit !

Vendredi 18 mai

Nous sommes bien contents de quitter Spanish Wells pour prendre la route de Freeport. On commençait à en avoir un peu marre de l’humidité pesante (un vrai sauna à 90%) et du temps moche. Même si on voyage encore au moteur car le vent est encore bien absent, au moins le ciel est redevenu bleu et le soleil brille enfin.

vendredi 11 mai 2012

SLCDR - CHAPITRE 7 - DESTINATION BAHAMAS


Depuis notre départ de Puerto Rico, notre voyage a la vraie saveur du retour. Nous sommes en mode « on fait un arrêt pour se reposer » plutôt que « oh! Que c’est beau ici, allons visiter on a que cela à faire ». On commence aussi à ressentir une différence de température; les soirées sont plus fraîches de quelques degrés et les nuits sont très confortables.

Les paysages sont surtout totalement différents de ce que l’on retrouve plus au sud. Alors que d’île en île on retrouvait la topographie montagneuse d’une chaîne de volcans, ici c’est le plat total. Bref, même quand on approche de la terre, on la voit à peine. Après la splendeur de la végétation de la forêt tropicale et des escarpements prestigieux, ici c’est la beauté du sable blanc et d’une eau limpide à faire l’envie de tous les propriétaires de piscine.

Depuis San Juan, nous avons parcouru 751 milles nautiques ! 751 mn =864 milles terrestres = 1 391 km. Tout cela à la « virtigineuse » vitesse de croisière moyenne de 6.5 nœuds, soit 12 km à l’heure ! On est un bateau à voile quand même, pas une Ferrari.

2, 3 et 4 mai – de San Juan, Puerto Rico à Sand Cay, Grand Turks – 424 milles nautiques

Quelle belle traversée ! Malgré le départ pluvieux aux petites heures du matin et l’adaptation à un horaire spécial (nous prenons la garde à tour de rôle à tous les trois heures, de jour comme de nuit), nous avons eu du bon vent ce qui nous a permis de faire le trajet en 50 heures. On doit avoir un ange gardien car tout au long de notre voyage, le ciel était partiellement dégagé au dessus du bateau alors que tout autour il y avait plein de nuages gris. Encore une fois, on s’émerveille devant l’immensité de l’océan. Il faut aussi être attentifs et bien suivre le système de cartes électroniques car à l’approche des îles Turquoises, il y a des hauts fonds.

André en profite pour pêcher, ce qui donne lieu à une vraie histoire de pêche. Avant le départ de San Juan, le capitaine a fait l’acquisition d’une belle canne à pêche de haute mer avec 500 pieds de ligne et un leurre appétissant (en tout cas pour les poissons). Empressé de faire usage de son nouveau joujou, il met la ligne à l’eau. Après plusieurs heures bien tranquilles, soudainement bzzzzzzzzzzzzzzz ça mord ! Mais que ça mord ! On ne sait pas ce qui a mordu, mais de toute évidence c’est gros et fort. Le bateau file à 8 nœuds, la ligne se déroule à une vitesse folle, la canne se courbe, André ne sait plus où donner de la tête, et moi sur le téléphone satellite : « Maman ! André a attrapé un poisson, je te laisse ! ». André essaie bien de freiner cette folle envolée mais en quelques secondes et au grand désespoir du maître pêcheur, le poisson a brisé la ligne ! Ne reste plus que la belle canne à pêche toute aussi piteuse que son propriétaire qui dégaine son répertoire religieux. Si au moins on avait aperçu la bestiole…

Le lendemain, plus déterminé que jamais à ne pas laisser cette aventure le décourager, André sort ses deux « p’tits kits à 10$ » et remet deux lignes à l’eau. Cette fois-ci ça mord et André a ramené un beau gros poisson de 4 pieds, je l’entends encore me dire « j’espère que la deuxième ne mordra pas en même temps ». On en fait de beaux filets avec l’intention de les déguster dans quelques jours. On se vante de notre prise à nos amis de Que Syrah, qui dégonflent notre balloune après vérification d’images de poissons. Nous n’avons pas attrapé un délicieux wahoo mais plutôt un immangeable grand barracuda. Une chance que le congélateur est plein et qu’on ne compte pas sur la pêche pour se nourrir.

5 mai – de Sand Cay, Grand Turks à Sapodilla Bay, Providenciales – 71 milles nautiques

Encore une belle journée ! Ce qui nous frappe cette fois c’est la couleur de l’eau. Les îles Turquoises ne portent pas leur nom pour rien. Il y a assez de vent pour faire une voile agréable et prendre du soleil. Nous avons aussi traversé le Caicos Bank, un haut fond qui s’étend sur quelques milles et qui demande beaucoup d’attention. Il faut non seulement manœuvrer entre quelques têtes de corail mais surveiller la profondeur. Le profondimètre affichait 2 pieds sous la quille, puis 1.7, 1.5, 1.2 … un vrai compte à rebours ! On a retenu notre souffle jusqu’à un peu moins de 6 pouces ! Ouf !

6 mai – de Sapodilla Bay, Providenciales à Mayaguana Island, Bahamas – 62 milles nautiques

Eh bien on ne peut pas toujours tout avoir, le vent et le soleil. Éole s’est donc sacrifié au profit d’un ciel bleu sans nuage. Tout a été tenté pour maximiser la faible brise : sort le spinnaker, rentre le spinnaker, sort le spinnaker, rentre le spinnaker. Étant rangé sous le lit d’en avant, cela veut dire défaire le lit, tasser le matelas, dégager la voile, la sortir par l’écoutille avant, l’étendre, installer les cordages et déployer cette belle voile colorée. Je suis fatiguée juste à en faire la description alors imaginez le faire deux fois ! On s’est finalement résigné à partir le moteur. « Venez faire de la voile dans l’sud » qu’ils disaient…

Notre gâterie suprême, la cerise sur le sundae fut notre arrivée dans Abraham’s Bay à Mayaguana Island. « André! Viens voir ! On voit le fond ! ». À 60 pieds de profondeur, on voit en effet le fond marin tellement clairement qu’on croit halluciner. On est comme des enfants, courant à droite, à gauche, de l’avant à l’arrière. On s’extasie, on s’exclame, on trippe, un pur plaisir. Plus on s’approchait de notre aire d’ancrage plus on était fasciné : des dizaines, voir des centaines d’étoiles de mer partout autour de nous. On aussi vu une belle raie et Daniel a aperçu un requin, bien inoffensif, d’environ 6 pieds.

Le lendemain matin, on a fait la grasse matinée, le départ étant prévu pour 14h et on est allé faire du snorkeling. Pas de requin en vue, mais une belle barrière de corail et plusieurs poissons colorés.

7 et 8 mai – de Mayaguana Island à Rum Cay – 130 milles nautiques

Vroum Brrrrr Vroum Brrrr Vroum Brrrrr ! Même une fois fermé, le bruit du moteur nous résonne encore dans les oreilles. Zéro vent, zip, nada, nothing, niet ! Le ciel est bleu, l’océan est calme, pas de houle, pas de vague, bref c’est le calme plat. On garde l’œil sur l’horizon en espérant qu’une baleine se pointe le nez et mette un peu d’action dans cette ennuyante traversée, mais en vain. L’équipage de Que Syrah est plus chanceux que nous, ils en ont vu deux. On a au moins droit à un coucher de soleil et un lever de lune spectaculaire. On passe la nuit à regarder des films et jouer sur le IPad. Attention à mes adversaires de scrabble, je suis maintenant capable de battre l’ordinateur dans la catégorie difficile.

Nous avons fait un petit saut à terre à Rum Cay, idée de se dégourdir les jambes et trouver du wi-fi. Quelle désolation ! On a bien trouvé une coquette marina pour quelques bateaux de pêcheurs, mais le reste de l’environnement est d’une tristesse. On sent que cette île a déjà fait l’objet d’une communauté active mais maintenant c’est l’abandon. Les maisonnettes ne sont pas plus entretenues que les terrains et ses quelques dizaines d’habitants semblent bien blasés.

8 mai – de Rum Cay à Conception Island – 23 milles nautiques

Cela aurait été un sacrilège de ne pas arrêter à Conception Island, un paradis au sein du paradis bahamien. Wow! Wow! Wow! Cette toute petite île est une réserve naturelle et comme dit le guide nautique : « it’s magnetic pull comes from its remoteness and seclusion as well as the crystalline waters, varieties of coral an fish, crescent beaches, mangrove creeks and long-tailed tropic birds. ». Rien de moins. Nous avons jeté l’ancre au milieu d’un beau banc de sable et au lever, nous sommes allés marcher sur la plage puis se promener dans la petite crique navigable en dinghy qu’à marée haute (on bénéficie alors de 3 pieds d’eau). Même les photos ne rendent pas justice à ce que l’on voit. Les couleurs sont d’une finesse exceptionnelle. Les verts turquoise qui délimitent les hauts fonds, le bleu windex des zones un peu plus profondes (autour de 10 à 60 pieds), et le bleu violet jus de raisin FBI des profondeurs océaniques. On s’imbibe de toutes ces images en espérant que notre mémoire ne nous fera pas défaut et nous aidera à faire face au froid hivernal du Québec l’an prochain!

9 mai – de Conception Island à New Bight, Cat Island – 41 milles nautiques

Encore une fois nous avons filé tout doucement sans pouvoir ouvrir les voiles car il n’y a toujours pas de vent. La houle est très faible et le bateau est aussi stable qu’au mouillage. L’avantage est que cela nous permet d’apprécier la couleur de l’eau et les fonds marins qui ne seraient pas clairs si nous avions de la vague. Pour citer mon chum qui se sentait l’âme poétique « nous voguons sur notre chaloupe au gré des flots tendres et langoureux ». Et ça c’est après juste un margharita!

Alors que nous contournions la pointe de Cat Island, André me crie «  Marie-Claude, des dauphins! ». Il y en avait une dizaine qui jouait autour du bateau, tout un spectacle! Peu importe notre âge, on rigole et on s’exclame à les regarder faire la course avec nous. Parfois, ils se tournent sur le côté pour nous regarder et nous font des pirouettes. Quelles bêtes exceptionnelles.

Comme nous étions d’humeur festive à notre arrivée, on s’est gâté avec un apéro au champagne et canapés de foie gras. Mmmm…… Le premier toast fut porté à la troupe du Théâtre Lyrique de la Montérégie qui débute sa série de représentations ce jeudi 10 mai avec LE CHANTEUR DE MEXICO, sous la direction artistique de ma mère, et la présidence de Gaëtan, son époux. J’ai le cœur gros de ne pas être avec la troupe cette année et la gang me manque beaucoup.

Entre les promenades, les 5 à 7 avec Daniel, Martine et Philippe sur Que Syrah, et les bonnes lectures, on s’amuse beaucoup et nous avons devant nous une dizaine de jours pour faire le tour de la région des Eleutheras avant de gagner Freeport qui sera notre point de départ pour la traversée jusqu’à Hampton.

mardi 1 mai 2012

SLCDR - CHAPITRE 6 - PUERTO RICO


SUR LE CHEMIN DU RETOUR – CHAPITRE 6 – PUERTO RICO

Notre passage à Puerto Rico pourrait se qualifier de pièce en trois actes, chacun avec son thème bien particulier.

Acte 1 : Les travaux.

Hola ! Bienvenida en Puerto del Ray !

Nous avons pratiqué (bien timidement) nos quelques notions d’espagnol pendant notre séjour dans la cour de la marina de Puerto del Ray. Les Portoricains qui y travaillent sont sympathiques et souriants. Mais au bout de quatre jours de chaleur suffocante (pas de vent), de moustiques voraces et d’une poussière noire comme la suie qui a généreusement cochonné tout le pont de notre beau bateau, nous étions soulagés de retourner à l’eau. Pendant que l’équipe travaillait dessous, nous n’avons pas non plus chômé, j’étais la déléguée à la buanderie tandis qu’André en a profité pour travailler assidûment à apporter encore d’autres améliorations internes (tuyauterie, etc.). Comme il dit « tout ce boulot et ça ne se voit même pas ». Au moins la coque a fière allure avec sa nouvelle peinture.

Pendant notre séjour à la marina, nous avons aussi fait la connaissance de Peter, originaire de la Nouvelle-Écosse et capitaine de profession. Peter a eu la gentillesse et la générosité de nous amener faire des courses. Il se cherche une compagne alors si vous connaissez une aventurière dans l’âme…

Après avoir quitté la marina, nous sommes allés au mouillage d’une petite île voisine où notre ami Daniel sur Que Syrah, est finalement venu nous rejoindre. Chantal étant repartie à la maison, il peut compter sur un bon équipage : notre amie Martine avec qui on fait de la voile sur le Lac Champlain et Philippe qui « fait ses classes ».

Acte 2 : Les préparatifs.

? Donde esta el supermercado
? Donde esta el West Marine

Tous contents de retrouver nos amis avec qui nous ferons à partir de maintenant le chemin du retour, nous prenons plaisir à partager les nombreux préparatifs pour la traversée qui s’annonce (la première d’environ 3 jours et demie). Comme nous prendrons directement le cap de Turks & Caicos où les épiceries sont rares et très dispendieuses, idem aux Bahamas, il faut faire beaucoup de provisions ici car c’est beaucoup plus facile. Nous sommes donc rendus à San Juan, bien ancrés dans la zone portuaire : la proue côté yacht club et la poupe côté bateaux de croisière ! On en a profité pour louer une voiture et faire les achats nécessaires. Nous avons bien rigolé à essayer de trouver le West Marine et le supermarché car les indications données (en espagnol) ne sont pas évidentes. Bravo à mon chum qui a jasé avec l’assistant-gérant et trouvé le moyen de nous faire livrer toute notre épicerie à la marina.

Pendant que Martine et moi étions aux fourneaux à préparer les repas pour la prochaine semaine, les boys ont travaillé. André a dû, entre autres, réparer le pilote automatique qui nous a lâchés alors que nous approchions de San Juan : tout le bras de direction était dévissé de son support ! Une chance que ce bris majeur n’est pas arrivé pendant la traversée.

On a aussi fait une réunion « au sommet » pour regarder la météo et déterminer le meilleur moment pour partir.

Acte 3 : On joue aux touristes

Finalement avant le grand départ demain, on s’accorde un peu de repos et pour se changer les idées, direction Vieux San Juan. L’architecture est belle et on y retrouve un charme espagnol et l’atmosphère du Vieux-Montréal. C’est certain qu’on y passera plus de temps lors de notre prochain voyage car il y a tant à voir. En attendant, on savoure !

Le rideau tombe demain matin sur notre passage à Puerto Rico, mais ce n'est qu'un au-revoir.

samedi 28 avril 2012

PROBLÈME TECHNIQUE RÉSOLU !

En attendant la parution du prochain chapitre (SLCDR - Puerto Rico), j'ai contourné le problème technique et vous pourrez voir les albums de la visite de Mylène au US Virgin Islands ainsi que quelques images de notre séjour à Culebra.


Nous prenons la route de Turks & Caicos dans quelques jours. Espérons que les vents nous serons favorables.