« N'ayez jamais peur de la vie, n'ayez jamais peur de l'aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d'autres espaces, d'autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît. »
(Henry de Monfreid)

jeudi 22 mars 2012

SLCDR (Sur Le Chemin du Retour) - Chapitre 1 et 2

SLCDR - Chapitre 1.
Samedi 17 mars

Comment aimez-vous mon abréviation de Sur Le Chemin Du Retour ? Je me suis inspirée de TLMEP (Tout le monde en parle). J’espère que Guy A. Lepage ne m’en voudra pas de lui avoir emprunté l’idée.

Eh oui ! Nous sommes donc officiellement sur le chemin du retour, cap compas vers le Nord (ou presque …). La dernière semaine à Sainte-Lucie fut un heureux mélange de nouvelles amitiés avec Jean-François et Dominique qui naviguent les Caraïbes à temps plein sur Julia IV, de retrouvailles chaleureuses avec Daniel et Chantal qui arrivaient de Grenade sur Que Syrah, et de soirées bien arrosées avec Dusty et Marianne de Adagio II ! Nous avons également pris le temps de planifier un itinéraire / agenda car Daniel nous rejoindra autour de Puerto Rico afin que nous fassions la route du retour en tandem.

On pourrait penser que cela sent la fin. Au contraire ! Pour nous c’est plutôt le début d’une histoire d’amour avec le bateau et l’océan, une nouvelle façon de vivre et d’envisager de nouveaux horizons. Cela nous aura surtout permis de réaliser que nous avons le pied marin et que tout est possible. On ne laisse rien derrière nous, on apporte plutôt dans nos bagages, des images, des odeurs et des souvenirs impérissables. Même si plusieurs des prochaines escales nous sont familières, nous sommes certains qu’on y trouvera du nouveau à découvrir et à raconter.

Nous voici donc à Saint-Pierre, petite bourgade à l’extrême Nord de la Martinique. Nous avons fait de bonnes provisions à Fort de France (impossible de voyager sans les essentiels : vin, mousse de foie de canard et fromages) et nous voici fin prêts pour une longue traversée qui nous mènera jusqu’en Guadeloupe, car nous ne pensons pas nous arrêter à Dominica. Nous avons donc devant nous une quinzaine d’heures de navigation.
Après la Guadeloupe, les vents de l’Est devraient nous amener aisément à St-Barthélémy (une demande spéciale que j’ai faite à mon capitaine). Après, parmi les arrêts « obligatoires », nous devrons faire une pause à Saint-Martin pour acheter de nouvelles batteries. Notre banque actuelle est finie et on doit partir le moteur à tous les soirs pour les charger. Un ennui majeur, car en plus, on ferme le réfrigérateur-congélateur la nuit (le plus énergivore de nos appareils) et on ajoute des heures inutiles au compteur du moteur. Une fois le tout réglé, nous partirons pour les US Virgin Islands où nous aurons la visite de ma copine Mylène qui viendra jouer au moussaillon pendant une semaine avec nous. J’ai très hâte de revoir ma chum!
Plus de 3 000 milles nautiques nous séparent de notre destination finale au Lac Champlain. C’est un voyage de retour ambitieux et fatiguant, mais qui sera exaltant !

SLCDR – Chapitre 2

Mardi 20 mars

Eh bien, comme quoi en voilier tout peut changer en l’espace de quelques heures. Nous avons finalement fait un arrêt « dodo » en Dominique, le temps de recharger nos batteries et celles du bateau ! Ce fut également une belle occasion de passer un bout de soirée avec des amis du rallye que nous n’avions pas vu depuis Tortola, Defiant, Gypsy et Milliflore.

Tôt dimanche matin nous avons remis le cap sur la Guadeloupe et avons jeté l’ancre à temps pour l’apéro dans la baie de Deshaies. Quel plaisir que de retrouver ce joli village digne d’une carte postale. Mais notre problème de batteries continue de nous préoccuper et on veut atteindre Saint-Martin au plus vite. Nous allons donc sauter l’arrêt à St-Barth pour plutôt y venir après.

Les traversées sont toutefois très agréables, le beau temps est revenu, on file à une très confortable moyenne de 7 nœuds et le bateau se comporte bien. On en profite pour lire beaucoup, car à part jeter un coup d’œil occasionnel, il n’y a pas grand-chose à faire. André a bien mis une ligne à l’eau pour pêcher mais à date il ne semble attraper que des algues. Une chance que le congélateur est plein de provisions !

Aujourd’hui mardi, nous sommes en route pour Antigua et une chance qu’on a pris le temps de regarder devant nous car le moment fort de notre journée fut une rencontre avec un baleineau ! Eh oui ! De loin je me demandais quelle était cette chose que je voyais au loin puis on est passé tout à côté. Nous avons eu droit à un petit coucou du regard et il est replongé. Wow ! Nous sommes restés longtemps sur le pont, le regard tourné vers où on l’avait vu, dans l’espoir que peut être la maman se pointerait, mais en vain. On devrait être à Jolly Harbour vers la fin de l’après-midi, on fera le plein de diésel et demain, on repart pour notre étape « enfin on règle ce problème d’énergie » : Saint-Martin.

Jeudi 22 mars

Nous voici enfin à Saint-Martin à la marina de Simpson Bay en vue de l'opération "batteries". Enfin de l'énergie ! La traversée de Antigua jusqu'ici, hier, fut longue et faible en vent et en action. Après avoir fini un autre livre, j'ai eu une crise de "popotte", comme quoi en traversée tout est faisable. Je me suis donc "lâchée lousse" et à la fin de l'après midi la cuisine sentait les arômes d'un gâteau aux carottes (un peu croche à cause de la houle), des côtes levées BBQ et d'une sauce à spaghetti.

jeudi 8 mars 2012

DU NORD AU SUD, PUIS DU SUD AU NORD

21 au 28 février
On a beau être marin, aimer l’eau, la voile et la houle, voir le bateau glisser sur les vagues, on en apprécie pas moins un congé au quai. Nous nous sommes donc offert le petit luxe d’une semaine à la marina de Rodney Bay à Sainte-Lucie.

Ce fut une opportunité pour faire une toilette de fond en comble au bateau. On a récuré, frotté, savonné, épousseté, gratté, poli, etc. Rien n’a été épargné pour que le lézard brille comme un sou neuf ! On a aussi profité de la piscine de la marina pour une saucette quotidienne, ça fait changement des baignades à l’eau salée.

Comme d’habitude notre semaine fut animée de rencontres : quelques apéros et soupers avec George et Sam, nos amis de Champlain que nous avons retrouvés avec plaisir, ainsi qu’une soirée dans un excellent restaurant indien avec Ian, notre coéquipier du rallye et son épouse Joy, qui terminent des réparations à leur voilier avant de poursuivre vers Antigua.

Le lundi 26 février, Jean-Marc, un ami d’André, est arrivé pour passer la semaine avec nous. Nous avons élu de retourner en Martinique pour quelques jours afin de lui faire découvrir ses jolies baies. Nous sommes donc retournés à Anse d’Arlets, précédé d’un bref saut à Fort de France (achat de bon vin français oblige), puis nous avons découvert une minuscule baie, Anse Noire. Nous y avons fait du snorkeling incroyable dans des bancs de millions de petits poissons argentés (des sardines selon un pêcheur local) – fort impressionant ! La traversée vers la Martinique s’est avérée « active » ! Forts vents, grosse houle et de la pluie! Tout un baptême pour notre invité. Nous étions tous bien trempés à notre arrivée.

29 février au 5 mars
Après avoir profité des belles baies françaises, il était temps de revenir à Sainte-Lucie car le départ de Jean-Marc est prévu pour le lundi 5 mars. Nous sommes arrivés samedi dans Marigot Bay, un très charmant petit port d’entrée où nous avons initié Jean-Marc au « dinghing » qui consiste à se promener dans la baie en dinghy (l’annexe) à l’heure du 5 à 7, apéro en main. Marigot Bay avec sa plage bordée de palmiers, la chic marina aux bateaux luxueux et restos-terrasses, se prêtait bien à cette activité. Le lendemain, dimanche 4 mars, nous sommes arrivés à la Souffrière pour le lunch. Nous y avons encore fait de la belle plongée en apnée. La variété de poissons colorés et de coraux est ici magnifique. Je m’en veux d’avoir oublié d’acheter un livre sur les poissons des Caraïbes, car les identifier aurait été plus facile. Nous voici maintenant ancrés entre les fameux Pitons de Sainte-Lucie. Ils sont encore plus impressionnants à la nuit tombée en raison de leurs masses et leurs hauteurs. Le seul bémol de la dernière semaine : le soleil n’aura pas été au rendez-vous pour la visite de notre invité, dommage …

6 mars et +
Lundi soir, après le départ de Jean-Marc, nous avons longuement réfléchi, délibéré et analysé le programme en fonction de la météo des prochains jours. Nous savions Daniel et Chantal à Bequia et nous aurions tant aimé aller les rejoindre, mais les forts vents du Nord-Est qui nous sont favorables pour descendre au Sud, pourraient s’avérer problématiques pour un retour. Quoi faire ? Nous avons donc élu de prendre le chemin du retour lentement en longeant la côte, incluant un petit arrêt de 24 heures à Castries, la capitale de Sainte-Lucie. Les îles du Sud, St-Vincent, les Grenadines et Grenade seront pour un prochain voyage (on y rêve déjà). Nous voulons également prévoir du temps pour visiter quelques endroits que nous n’avons pas vu au début de notre voyage dont Nevis, Saba (au grand souhait du capitaine), les US Virgin Islands et les Bahamas. 

Nous voici donc de retour à Rodney Bay (mais ancrés dans la baie cette fois) où nous ferons sûrement d’autres menus travaux et où Daniel et Chantal viendront finalement nous rejoindre dans quelques jours. Nous souhaitons que le vent ne leur souffle pas trop de face lors de leur remontée.

Au-delà de la voile, des multiples travaux d’entretien et des soucis météo, nous gardons le contact avec le quotidien : on cuisine nos petits plats favoris, on nage autour du bateau et on a découvert une série télévisée divertissante Six Feet Under. Plusieurs d’entre vous la connaissez mais pour nous c’est une première et on se bidonne. Savoureux !

mardi 21 février 2012

LA MARTINIQUE : 60 BOUGIES POUR ANDRÉ !

La Martinique représentait pour André et moi une autre étape importante. Autre destination très prisée par les Français, il s’agit de la première île de la chaîne des Windward Islands, le chapelet « sud » des îles des Caraïbes. Cela veut aussi dire que nous avons franchi la mi-chemin (en temps) dans notre voyage et que nous commençons à calculer les semaines, voir les jours, dont nous aurons besoin pour le retour à la maison. 

Nous sommes donc arrivés à St-Pierre le lundi 13 février en début d’après-midi après avoir quitté Dominica à l’aube (il fallait nous voir accoster au quai à 5h du matin, en pleine noirceur pour faire le plein d'eau avant le départ). Cette petite ville qui fut dévastée en 1902 par l’éruption majeure du Mont Pelé n’a pas le charme des petits villages de la Guadeloupe. Nous y sommes donc restés une seule nuit, le temps de retrouver par hasard Pierre et Marie du voilier Papillon, amis rencontrés en octobre dernier à Sandy Hook et de prendre un petit apéro avec eux. Jusqu’à maintenant, on se rend compte que les meilleurs rendez-vous avec les amis sont ceux qui n’ont pas été planifiés !

En ce 14 février, jour de la Saint-Valentin, nous faisons route vers Fort de France, situé un peu plus au sud de l’île. Fort de France est une grosse ville et nous planifions y rester le temps de vaquer aux nécessités d’usage, comme l’enregistrement en territoire français et visiter un peu. Nous ne sommes finalement pas restés bien longtemps ici. Non seulement nos deux jours étaient fort pluvieux mais surtout, Fort de France c’est la grande ville ! Autres sons, autre ambiance, autre atmosphère pour nous qui sommes maintenant accoutumés au calme des petites bourgades de bord de mer. Donc le temps de faire l’épicerie, de voir aux courriels, de faire un peu de promenade (incluant un vernissage avec rencontre de l’artiste) et se faire de nouveaux amis (Dancing Lizard commence à avoir une réputation…) et nous sommes repartis plus vers le sud.

Nous voici donc à Anse d’Arlets, une jolie baie très calme (mais pas pour longtemps - voir commentaire plus loin). Une avenue piétonnière longe la petite plage et les bistrots très nombreux ont pignons directement sur le sable. C’est ici que le vendredi 17 février, nous avons souligné les 60 ans du capitaine (qui ne les fait pas du tout) avec un petit souper en tête à tête, arrosé au champagne bien sûr. Puis samedi matin, nous sommes allés brûler les calories dudit festin (mousse de foie gras, chapon aux morilles, etc. ) en montant le Morne Champagne (un nom qui nous était prédestiné). Notre visite de la Martinique s’est poursuivie par des haltes à Anse Chaudière pour du snorkeling magnifique, puis Ste-Anne et Le Marin. Notre enthousiasme pour la Martinique s’est vite dégonflé car si les paysages sont forts jolis, le tout est rapidement gâché par quelques jeunes locaux qui ont le talent de mettre de la musique boum boum à tue-tête sur le bord de la plage, haut-parleurs tournés vers l’eau, rien de moins. Et ce partout, sans exception.

Allez hop! On lève l’ancre et on met le cap pour Sainte-Lucie y retrouver Sam et Georges, les copains du  beau voilier Champlain et accueillir la semaine prochaine Jean-Marc, un ami d’André, qui passera quelques jours avec nous.

samedi 11 février 2012

L'ACCUEIL CHALEUREUX DE DOMINICA

Impossible de séjourner en bateau à Dominica sans être pris en charge par un « boat boy ». Ces jeunes hommes ont flairé la bonne affaire il y environ 20 ans et ont fait preuve de beaucoup d’entrepreneurship, fondant même une association en bonne et due forme ! Il est presque préférable d’ailleurs de faire affaire avec l’un d’entre eux pour assurer un séjour agréable et sécuritaire. Peu importe les besoins : les ordures, l’eau potable, le propane, les visites de l’île ou même pour seulement s’ancrer ! Au moins, ils sont charmants et accueillants. Martin Carriere nous fut chaleureusement recommandé par les organisateurs du rallye et il était là à notre arrivée. Martin maîtrise parfaitement ses talents de vendeur et relationniste, et nous jouons le jeu. En moins de 15 minutes une visite de l’île et une balade en canot dans l’Indian River étaient organisées.

C’est ainsi que mercredi nous nous sommes joints à d’autres vacanciers ici ancrés, pour une visite de la partie Nord de la Dominique (à ne pas confondre avec la République Dominicaine). L’île est toute en montagnes volcaniques (8 volcans pour être précis) et les étroites routes serpentent de hauts en bas. La végétation est partout riche et luxuriante compte tenu de la constante humidité de la forêt tropicale. Cette végétation est d’ailleurs principalement formée d’arbres fruitiers et de plantes ayant presque toutes des propriétés curatives et préventives. Martin est une mine d’information à cet égard et si on se fit à ce qu’il nous dit, toutes ces plantes sont bonnes à faire du thé (il doit en boire une quantité industrielle pour en vanter les mérites). Il connaît également très bien une foule de détails intéressants mais il y a une limite à ce que le disque dur de notre cerveau a été capable de retenir. 

Notre promenade qui a duré toute la journée, nous a amenés jusque de l’autre côté de l’île et nous avons, entre autres, visité un « jardin » d’arbres fruitiers (toutes les résidences en ont et se suffisent à elles-mêmes en agrumes), croisé des dizaines de minuscules villages aux noms créoles et colorés comme Tibaud (qui veut dire petit baiser - vous vous souvenez de la chanson ?), marché jusqu’à une clairière où on trouve des mares d’eau sulfureuse (ça pue épouvantable), mangé dans un café local sur le bord de la mer et marché jusqu’au rocher rouge – magnifique paysage quasi lunaire. Inutile d’insister comme quoi nous étions très fatigués à notre retour ! André était même au lit à 20h00. Jeudi, c’est farniente.

C’est à 6h30 vendredi matin que Martin est venu nous chercher pour une ballade en canot dans l’Indian River. J’aimerais trouver les bons mots pour décrire les tableaux magnifiques que la nature nous a réservés et auxquels même nos photos ne peuvent rendre justice. Nous avons débuté la journée au sein d’un site calme et serein, agrémenté du son de la nature qui s’éveille. Quel contraste avec notre après-midi consacré au remplissage de la bonbonne de propane !

Instructions pour faire remplir sa bonbonne de bateau à Dominica
1.     A)  Découvrir qu’il n’est plus possible de faire remplir sa bonbonne à Porthsmouth contrairement à ce qui est mentionné dans le Cruising Guide de Chris Doyle (la bible des naviguateurs).
2.    B) Apprendre que personne n’est disponible pour aller jusqu’à Roseau pour rendre ce service.
3.     C) Prendre le bus (traduction : mini-fourgonnette où tout le monde est très très serré les uns contre les autres) jusqu’à Roseau, en empruntant une route qui serpente le long de la mer avec des virages en tête d’épingle.
4.     D) Rebrousser chemin avec le chauffeur après qu’il ait déposé tous ses passagers au terminus car ledit chauffeur avait mal compris les indications de l’endroit où on avait besoin d’aller. (PS : le chauffeur, Steven, a été très gentil car il nous a non seulement amené au dépositaire de propane mais en plus il nous a attendu).
5.    E) Revenir à Roseau avec le même chauffeur dans le même bus pour qu’il puisse remplir son bus avant de revenir à Porthsmouth.
6.    F) Attendre une heure dans le bus (toujours la même mini-fourgonnette) au terminus pendant que le chauffeur se trouve des clients (il ne part pas tant qu’il n’affiche pas complet).
7.   G) Adopter pendant le retour (qui prend environ une heure) une position très confortable qui ressemble à une contorsion du Cirque du Soleil.
8.  H) Mettre le pied sur le bateau exactement 4 ½ heures après l’avoir quitté dans le but de l’expédition ci-dessus détaillée. L’apéro est DÉLICIEUX et je vous jure que le spaghetti d’André le sera tout autant!

SAUCETTE AUX SAINTES

Nous ne pouvions quitter la Guadeloupe pour Dominica sans prendre le temps d’arrêter aux Saintes, destination très prisée des Caraïbes. Nous y avons trouvé un amalgame de couleurs, de sons et d’images. Petit village de pêcheurs, le bourg est accueillant et vit au rythme des touristes. On y croise des habitants bohèmes parlant le créole, des tourterelles qui roucoulent et des commerçants qui ont tous l’air d’être en vacances ! Tout ce beau monde se déplace en scooter ou en vélo (les rares voitures ont l’air des intrus) et une section de l’avenue principale est piétonnière. C’est également ici que nous avons fait notre plus beau snorkeling à ce jour, car l’eau est très claire. Par contre, il y a un gros bémol à voisiner avec certains voiliers au pavillon français. En effet, la plupart de ces bateaux ne sont pas munis de réservoir d’eaux usées, il faut donc être bien vigilant avant la baignade car il arrive que des « cadeaux » flottent encore dans les environs.

Nous avons finalement décidé de prendre la route de Dominica une journée plus tôt car notre mouillage fut très désagréable. La boule de mooring était munie d’une loupe en métal qui a cogné toute la nuit contre le bateau, en plus la houle venait du nord et poussait les vagues contre l’arrière du bateau là où se trouve notre lit, on avait donc la sensation d’avoir la tête dans la machine à laver. La nuit fut très pénible et pas question de récidiver. Nous sommes partis à 13h, pour finalement arriver à Portsmouth en Dominique vers 16h15 après un après-midi correct de voile, et contrairement aux prévisions locales qui prédisaient un vent stable de Nord-Est nous avons eu besoin du moteur pour progresser contre un vent du Sud-Est!

samedi 4 février 2012

COUP DE COEUR POUR LA GUADELOUPE

Samedi 4 février

L’île de la Guadeloupe est un territoire français ayant la forme d’un papillon avec plusieurs plages et baies bien protégées pour les bateaux de passage. Nous avons donc jeté l’ancre à Anse Deshaies, une jolie commune du côté Ouest de l’île. Christophe Colomb aurait mouillé dans cette baie pour se ravitailler en eau dans la grande rivière du bourg et la protection naturelle qu’elle offrait servit d’abris longtemps aux flibustiers et aux corsaires. Voilà pour la parenthèse historique.

Dès le lendemain de notre arrivée, nous avons rapproché le bateau dans la baie car notre mouillage de la veille n’était pas sécuritaire. André a également eu la bonne idée de jeter une deuxième ancre. Nous avons ainsi l’esprit plus tranquille car le vent souffle très fort ici (parfait pour l’éolienne).

Quelle belle île que la Guadeloupe ! Pas juste pour son charme, sa végétation luxuriante et ses monts d’origine volcanique mais aussi parce qu’on retrouve ici un heureux mélange des cultures française et antillaise. Le café est bon (ils ont tous eu la brillante idée d’avoir des machines Nespresso), les gens sont très sympathiques et on a retrouvé les délicieuses baguettes, comme seuls les Français savent les faire. Le village de Deshaies est une vraie carte postale avec le clocher de l'église qui se détache des toits rouges et les petits cafés qui longent la rue principale. Parlant de retrouvailles, nous avons eu le plaisir de rencontrer par hasard, Ian, notre coéquipier du rallye qui est venu chercher son voilier à Grenade et se promène dans les Caraïbes tout comme nous avant de retourner à la maison (en Ontario) au printemps.

Nous sommes donc partis dès mardi le 31 à la découverte de l’île, débutant par un après-midi de marche, via la montagne du Grand Morne pour rejoindre la plage de Grande Anse de l’autre côté. Ce que nous croyions alors être une banale balade s’est avérée être toute une escalade. Le sentier est abrupt et long ! On se croit arrivé près du sommet mais il en reste tout autant à monter ! La plage en valait la peine par contre. Heureusement, des touristes en voiture nous ont gentiment ramenés au village car on ne se voyait pas faire le chemin du retour. Comme m’a dit André « tu voulais faire de la marche en montagne ? Eh bien, c’est fait et pour un bon bout de temps ! ».

Mercredi, le 1er février, nous sommes allés visiter le Jardin botanique, un incontournable. Nous avons pris beaucoup de photos qui témoignent de la beauté de ce site enchanteur où on aurait passé plus d’une journée. Pour terminer la semaine en beauté, nous avons loué une voiture avec Dusty et Marianne, nos amis de Adagio, et avons exploré l’île en 2 jours. De la baignade à la Cascade aux écrevisses, en passant par Trois-Rivières (!!), puis une visite d'un site archéologique, on s'est même rendu jusqu'à la pointe Est de l'île, voir la Pointe aux châteaux, en plus les bougainvilliers sont omniprésents, mais le point culminant de notre vendredi après-midi fut le traffic de 16h30 sur l'autoroute!!!

Nous quittons cet après-midi pour aller se reposer aux Saintes. Les photos suivront bientôt (il y en a beaucoup!).

So much to "sea" :-) So little time!

Monday January 29

We left Antigua at noon on what was a PERFECT sailing day. 20 knots East winds a pushing us towards Guadeloupe and we averaged 8 knots overall. The boat was going up and down along the beautiful swells and the occasional surf brought us up to even 11 knots speed over ground. Wow! We couldn’t have asked for better conditions.

As we sailed along we thought about all those places we didn’t have time to visit: Montserrat, St-Kitts, Nevis, Saba, St-Barth, etc. Maybe on the way back. Let’s keep in mind that we have to be back home in June.
Every time we’re on the ocean, its magnificence still amazes us. Thank God we did the rally last November. It definitely helped us gain experience and build our confidence. We are now better prepared and are able to plan our trips so they’re safer and comfortable.

A word about Antigua before focusing on our new surroundings: the island is beautiful and the people very friendly. Our only deception was the fuzzy water that made for poor snorkeling. However, we’re looking forward to coming back.

We finally arrived in Deshaies, Guadeloupe at 5:30 pm in time to enjoy the sunset (gorgeous because the bay is opened to the West) and after having a bit of a challenge setting the anchor, we enjoyed a nice evening in the bay and retired to bed, tired but content, at 9:00.