Cat Island, Little San Salvador, Governors’ Harbour, Mutton
Fish Point, Spanish Wells …
Les escales
se suivent et ne se ressemblent pas…. Mais elles ont toutes en commun la
prétention de nous avoir séduites.
Dimanche
13 mai : BONNE FÊTE DES MÈRES !
Le vent est
enfin revenu et nous naviguons allégrement à la voile depuis deux jours. Yessss
! On surveille la météo quotidiennement afin de gagner Freeport le plus vite
possible tout en profitant de l’environnement. Il faut bien joindre l’utile à
l’agréable !
Ce matin,
alors que nous étions au mouillage, nous sommes allés prendre une marche dans
la petite commune de Governor’s Harbour. En ce dimanche bien tranquille, toute
l’activité était concentrée à l’église méthodiste et nous n’avons pu résister à
la tentation de nous y joindre. Nous nous sommes donc discrètement glissés dans
le cadre de porte mais avons été rapidement repérés par un monsieur tout
souriant. À sa question « Are you a mother? » à laquelle j’ai bien
sûr répondu « Yes », j’ai eu droit à un chaleureux « Happy
Mother’s Day », une belle accolade et le jolie cadeau de deux belles roses
rouges et une petite bouteille de cidre pétillant. André et moi sommes restés
pour s’imprégner de cette atmosphère de foi festive. En lieu de sermon, il y a eu des témoignages
d’appréciation sur les mamans. Tout cela dans une belle église colorée,
ensoleillée et fortement animée musicalement où les paroissiens avaient revêtus
leurs plus beaux atours, incluant plusieurs dames qui portaient fièrement de
magnifiques chapeaux dignes de noces anglaises. Nous avons tous les deux été
émus par cette célébration à saveur plus communautaire que rituelle.
Les
« Happy Mother’s Day » se sont succédés tout au long de notre promenade.
Quelle gentillesse et expression de valeurs humaines !
Lundi 14
mai au Jeudi 17 mai
Nous
quittons Mutton Fish Point en direction de la sortie du bank et de Spanish
Wells.
Depuis Cat
Island, nous naviguons dans l’archipel d’Eleuthera. Nous avons traversé tout le
bank dans une eau où tous les bleus se confondent à des profondeurs variant de
2 à 10 mètres. Tout va bien jusqu’à date, on serpente, on zigzague, on consulte
le GPS, le IPad et on passe. Ouf! On est maintenant dans 12 pieds d’eau.
Puis au
nord il faut en sortir! Ce n’est pas toujours facile! Imaginez que les banks
des Bahamas apparaissent à la surface de l’eau, la profondeur passant de 17 000
à 10 pieds en quelques milles seulement, le tout entouré d’une barrière de corail
souvent invisible.
Il faut
donc passer par des entonnoirs où s’infiltrent les marées et pour passer, il nous
faut la marée haute, et à la marée haute, il y a 4 nœuds de courant qui
bouillonne. Wow!........Mais ce n’est pas fini ! Après, il y a encore 9 milles
à parcourir dans 5 à 10 pieds de profond. Nous, on a besoin de 7 pieds pour
passer. Une chance qu’on a un GPS fiable mais aussi des nerfs solides. Mission
accomplie !! Puis, au tournant d’une bouée blanche plutôt anonyme, on entre
dans le canal de Spanish Wells……enfin notre récompense, on est arrivé.
Nous voici
donc à Spanish Wells sous les nuages et la pluie. Le vent est à nouveau tombé
et tout est gris. Beurk…
Par où
commencer pour décrire Spanish Wells ? Nous avons passé 3 jours dans cette
petite île de 2 000 âmes et nous avons eu plein les yeux en
« découvertes ». Ici c’est Twilight zone meets ultra-conservative
Tories. Mais entre les « praise the Lord » et « Jesus loves
you », nous avons rencontré des gens chaleureux, accueillants et généreux.
Les habitants, dont plusieurs retraités, sont à l’aise financièrement et
habitent des maisons bien entretenues. C’est également une destination vacances
populaire car il y a beaucoup de location avec vue sur la plage. Il y a bien
quelques voitures mais c’est le cart de golf qui règne en roi et maître sur
l’île. Et il y en a pour tous les goûts. Des carts de livraison avec une bonne
boîte en arrière, ceux des personnes âgées bien protégés sous de petits abris,
j’en ai vu eu avec un siège de bébé et bien sûr, l’ultime symbole de la
jeunesse, celui conduit par un jeune « yo », casquette de travers,
musique très forte et le cart modifié pour refléter son statut, autocollants,
derrière jacké et mags inclus !
Spanish
Wells est également ce qu’on appelle une « dry community », cela veut
dire qu’il n’y a pas d’alcool de vendu dans les épiceries ni servi dans les rares
restaurants. On a pourtant posé la question « Where can we get some
wine? », pour se faire indiquer « Up the street, the yellow house on your
left ». On cherche donc
une quelconque affiche de commerce d’alcool sans succès, jusqu’à ce qu’un type
(qui ressemble beaucoup à Kenny Rogers dans ses bonnes années) ouvre la porte
de sa maison (jaune bien sûr) et me fait signe « I know what you’re
looking for, follow-me ». En annexe à sa maison, il déverrouille la porte
d’un petit espace où s’alignaient des bouteilles de vin, de l’alcool fort et
des caisses de bière. De toute évidence, le bootlegging est un commerce
lucratif ici car il paraît qu’il n’est pas le seul. Une vraie blague, car tout
le monde est au courant et tout cela se fait en « cachette connue ».
On a aussi
réussi à trouver un petit service de lessive qui se résume à une machine à
laver et une sécheuse dans un cagibi dans la cour d’un dépanneur. Je crois que
c’est ainsi que j’ai rapporté quelques « no-see-em » sur le bateau,
on s’est fait piqué toute la nuit !
Vendredi
18 mai
Nous sommes
bien contents de quitter Spanish Wells pour prendre la route de Freeport. On
commençait à en avoir un peu marre de l’humidité pesante (un vrai sauna à 90%)
et du temps moche. Même si on voyage encore au moteur car le vent est encore
bien absent, au moins le ciel est redevenu bleu et le soleil brille enfin.
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